Famille Emig

Généalogie des Wohlhüter : Emigration en Serbie - au XVIIe Siècle - retour au XXe Siècle

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Emigration en Serbie (en 1786) et retour en Allemagne :

en 1944 pour la famille de Konrad Wohlhüter

en 1955 pour la famille de son cousin germain Franz Hess

 


De Forstfeld (Alsace) à Bulkes (Bačka, Serbie)

        Hans Georg (1733-1812), père Andreas (1759-1829) était le frère d’Andreas (1727-1778) - mon ancêtre direct.

Andreas Wohhüter est le 15 février 1759 à Forstfeld de Hans Georg et Maria Elisabeth Rinckel. Il partit en 1786 de Forstfeld où il est né pour aller s'installer avec sa famille en Serbie à Bulkes (aujourd'hui Maglic) où il est mort en 1829 - une région de Serbie qui, à l’époque, faisait partie de l’Empire austro-hongrois.

Son cousin Andreas Wohlhüter (1759-1843),  avec lequel il a parfois été confondu, est né le 5 novembre 1759 à Kauffenheim - ses parents sont Andreas (1727-1778) et Anna Maria Rincke - mes ancêtres en lignée directe (Sosa). Les registres paroissiaux de ces deux petits villages sont communs, ce qui peut prêter à confusion. Andreas, fils d’Andreas, s’est marié en 1781 à Sessenheim avec Christina Wolff (1760-1830) et leurs enfants sont nés à Rountzenheim où travaillaient les parents comme cultivateurs et où ces derniers sont morts.

En revanche, pour Andreas, fils de Hans Georg, et contrairement à certaines données [*], ne s’est pas marié à Forstfeld et ses deux premières filles, Anna Katharina et Christina, n’y sont pas nées – aucune trace dans les registres paroissiaux de Kauffenheim-Forstfeld. Comme sa femme Elisabeth Lukas est originaire de Reckershausen dans le Palatinat, il est plus plausible qu'ils se soient mariés dans ce village, tout comme le lieu de la naissance de ces filles avant d’émigrer avec des colons allemands et alsaciens vers Bulkes en Bačka (région de la Voïvodine).
Andreas, son épouse et ses deux filles ont été enregistrés le 30/3/1786 à Vienne (Autriche).

Après la nouvelle guerre de 1737-1739 contre les Ottomans, la colonisation systématique de colonisation fut reprise sous l'impératrice Marie-Thérèse d'Autriche (1717-1780) par la Diète hongroise qui en chargea le comte Grassalkowitz : elle concerna surtout la Bačka. Parmi les nouveaux colons, des allemands, venus de l'ouest, descendaient le Danube.

Carte de Bačka (aujourd'hui en Serbie).
Les localités où ont habités des Wohlüter ou descendants sont marqués par un signe hexagonal
(d'après un fond de carte de www.bulkes.de)

 

Le village Bulkes (aujourd'hui Maglíc) existait déjà au XIIIe siècle sous pouvoir hongrois. A partir de 1786, il a été habité par des Allemands, qui s'y étaient installés. Ils venaient en majorité du Bade-Wurtemberg, mais aussi d'Alsace, de Lorraine, du Palatinat : ils sont quelque 1100 personnes, parmi elles, l'Alsacien Andreas Wohlhüter, né à Forstfeld, avec sa famille. Son épouse Elisabetha Lucas (1760-1809) est originaire de Reckershausen dans le Palatinat. En 1900, la colonie germaniques compte 3000 habitants.

 

 

Plus sur Bulkes...

 

Route de l'émigration jusqu'à Bukles (Bačka, aujourd'hui en Serbie)
et route de la fuite vers l'Allemagne.

Fuite de Bulkes (1944-1945) et installation à Ettlingen (Karlsruhe)

Étant considérés comme des Allemands à la fin de la IIe Guerre Mondiale, ils ont été pourchassés par les partisans de Tito, soutenus par les troupes russes, après le retrait des troupes allemandes de la région de Bačka. Ils ne leur restaient que la fuite et un exil définitif pour sauver leur vie. Le 10 octobre 1944, 53 personnes avec Konrad Wohlhüter, juge et maire de Bulkes sont partis pour un long périple qui se terminera le 1 mai 1945 près de Karlsruhe. Le récit de ce voyage a été consciencieusement noté dans un petit livre de 6 x6 cm par Magarita Wohlhüter, née Binder, épouse de Konrad. Les deux décèderont à Ettlingen, dans la banlieue sud de Karlsruhe. C'est leur neveu Siegfried Binder, vivant dans le New Jersey (USA), qui possède ce recueil. Le texte est en ligne à www.bulkeser.de et une traduction en français dans eGenBooks.
Un de leur fils, Philipp, est mort en 1944 en Normandie où il est enterré dans un cimetière allemand. Son frère Konrad vit toujours en famille à Ettlingen (Karlsruhe, Allemangne).


Retour de Apatin (Bačka) en 1955 et installation en Allemagne

Helene Wohlhüter (1879-1946), née à Bulkes, s'y marie en 1907 avec Friedrich Hess. Les deux meurent en 1946 et 1947 dans un camp d'extermination à Gakowo (Bačka, Serbie). Leur fils Franz Karl Hess (1918-1991) est né à Palanka ; il se marie en 1941 à Apatin avec Rosina Ebli.
Avec leur fils Rüdiger, né en 1942, ils émigrent le 21 juin 1955 depuis Apatin et arrivent le 23 juin 1955 en Allemagne à Piding (Bavière), situé à quelques km de Salzbourg (Autriche).

Arbre complet en pdf des Wohlhüter en Serbie


Nota : C'est grâce aux informations fournies par Heinrich Stephan (photo ci-contre), Siegfried Binder, et récemment Rüdiger Hess, que cette page a pu être réalisée et complétée. Merci pour leur aide.


Liens vers la généalogie... et le passé...


[*] parmi lesquelles celles du Pasteur Karl Elicker dans son livre sur les familles de Bulkes, en 1936. Au cours de mes recherches généalogiques, il apparait très clairement que les mémoires familiales peuvent diverger sur certains faits réels et d'autant plus que les familles sont éloignées du pays des ancêtres, mais aussi parfois entre familles qui relatent de façon très diverses un même évènement avec des différences dans les dates pouvant atteindre jusqu'à 5 ans !


 

Christian Emig chez Heinrich Stephan (à droite) à Karlsruhe en 2012.

 


Liens vers l'histoire...

  • Allemands du Banat
  • Histoire de la voïvodine

  • Bataković‬ D. T. (2005). Histoire du peuple serbe. L'Âge d'Homme, Lausanne, 386 p.
  • Castellan G. (1994). Histoire des peuples d'Europe centrale. Fayard, Paris, 528 p.
  • Tomic Y. (2003). La Serbie du prince Miloš à Milošević. Peter Lang, Berne, 165 p.


Courte histoire de la Voïvodine,
couvrant la présence familiale dans cette région

La paix de Karlowitz (1699), puis la paix de Szatmár (1711) mirent fin à des décennies de guerres et consacrèrent la domination de l’Empire Habsbourg sur la Voïvodine, laissant cette province dévastée et dépeuplée. L’empire fit venir des colons provenant de tout son empire afin de repeupler et d’exploiter la région : allemands, slaves, roumains...

Le 13 mai 1848, l’autonomie de la Voïvodine fut proclamée sous la pression des Serbes, à Sremski Karlovci. En 1849, une région autonome fut alors effectivement crée, mais fut confiée à un gouverneur autrichien siégeant à Temesvar (aujourd’hui Timisoara).
Après qu'une alliance eut été conclue entre Vienne et Budapest, en 1867, la Voïvodine fut rattachée au royaume de Hongrie, partie de l’empire austro-hongrois naissant. Ce rattachement fut le prélude d’un processus de magyarisation important, particulièrement dans le domaine de l’enseignement.

À l'issue de la Première Guerre mondiale, le 12 novembre 1918, l'Assemblée de la Voïvodine déclare l'unification avec la Serbie. Puis, le traité du Trianon en 1920 imposa un redécoupage territorial aux pays vaincus : la Voïvodine fut donc rattachée au nouvel état de Yougoslavie.
Le recensement de 1921 laisse apparaître 3 groupes largement majoritaires : Serbes/Croates (503 000), Hongrois (380 000) et Allemands (330 000), ainsi que d’importantes minorités : Roumains (74 000), Slovaques (26 000) et Ruthènes (11 000).
Au processus de magyarisation de la période précédente, succéda un processus de serbisation de l’enseignement. Ainsi le serbo-croate devint la langue officielle de l’enseignement. Cependant, la vie culturelle des différentes nationalités, bien que sous contrôle de l’Etat, était relativement riche et vivante.

En 1941, l’Allemagne occupa la Syrmie (Srem en serbe) et le Banat, tandis que le Backa fut rattaché à la Hongrie, alliée de l’Allemagne Nazie. A la fin de la guerre, la majeure partie de la communauté juive avait été exterminée ou avait fui. Autre conséquence, en 1944-1945, la quasi-totalité des allemands de Voïvodine partirent en exil ou furent expulsés ou internés, voire exterminés, aboutissant à la disparition de cette importante composante de la population.