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Melay


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Melay se situe dans dans la partie la plus au sud du duché de Bar (en rose), à l'est le duché de Lorraine (en jaune), et à l'ouest le royaume de France et au sud la Franche-Comté (en blanc). Extrait de la carte de J. B. Homann, en 1712.

 

Blason de Melay :

Coupé : au 1er tiercé en pal au I d'azur semé de croisettes recroisetées au pied fiché d'or et à un barbeau du même, au II d'argent à une couronne de laurier de sinople, au III d'azur semé de croisettes recroisetées au pied fiché d'or et à un barbeau contourné du même, au 2d de gueules à une colombe d'argent en vol tenant dans son bec la sainte Ampoule d'or

 

 

 

 

 


CARTE > par Google maps


 

     

 

Le blason des comtes de Montbéliard (maison Scarpone-Montfaucon)
de gueules à deux barbeaux adossés d'or - zwei goldene Barben einwärts gekrümmt und mit den Rücken gegeneinander gekehrt auf rotem Feld.

et redessiné avec comme modèle un barbeau fluviatile Barbus barbus.

 

Premières armoiries :
de Henri Ier de Bar (1158-1190)

Blason des Comtes de Bar,
de Henri II de Bar (1190-1239)
Maison de Scarpone

Blasonnement :

D’azur semé de croix recroisées au pied fiché d’or et deux barbeaux adossés de même, brochant sur le tout. Cri : Au feu ! Ceux de Bar.

MELAY ne compte plus aujourd'hui que quelque 250 habitants (et plus aucun Masson), on dénombrait jusqu'à 1500 habitants au cours du XIXe siècle. En 1793, la population était de 1206 habitants, en 1821 de 1411, en 1999 de 282 (voir Démographie).
Toponymie de Melay :
Ce nom viendrait du latin meletlum qui signifie pomme, ou encore de mespilum, ou melier en vieux français, le néflier. Or, les recherches de l’étymologie des toponymes se bornent généralement au français, allemand et latin, en oubliant une importante langue populaire que fut le celte. Et cela se répète ici pour Melay, car bien des toponymes des environs de Melay ont une origine celtique, voire pré-celtique, comme Amance (amance = rivière - petite) et Apance (apance = rivière - petite), rivières et lieux, comme La Mothe  (Mott = élévation) et aussi pour le patronyme bar (bar = élévation, côteau, mont) de la ville de Bar-le-Duc qui fut le siège des comtes de Bar ; en effet, la ville est construite sur un éperon rocheux et, en 1354, Robert Ier, comte de Bar, devient gendre du roi de France et est fait duc, d’où le nom de la ville. Pour Melay, plusieurs mots celtes peuvent aussi être évoquer comme Mele, Melem, Melain : mel = au bord, ou courbure d’une rivière, lyn, e, em = rivière, mela = habitation (voir Bullet, Morvan en Références). Et, au cours des siècles, les toponymes ont pu changer de phonétique et d’orthographe.
Pour le blason de Melay, son blasonnement a été repris et redessiné après avoir identifié la véritable espèce de poisson y figurant d'après les armoiries originelles des comtes de Bar (voir en bas de page).

Le comte de Bar, Thiébaut II (1221-1291), achète le fief de Melay en 1249. Le village va dépendre de Châtillon-sur-Saône, bailliage du Bassigny. En 1301, suite au traité de Bruges, la partie de ce comté située vers l’ouest de la Meuse, appelée Barrois mouvant, relevait à la fois du domaine royal de France et du Saint Empire romain qui lui possédait seul la partie vers l’Est ou Barrois non mouvant.

Puis, en 1304, le roi de France Philippe IV le Bel (1268-1314) donne au comte de Bar la châtellenie de Châtillon-sur-Saône, de laquelle dépendaient Melay, Conflans et la Mothe, qui de cet instant relèvent de la Lorraine. Ce comté est élevé au rang de duché en 1354 par l’empereur Karl IV (1316-1378) pour Robert I. de Bar (1344-1411), dès lors la Lorraine est formée par deux duchés, de Lorraine et de Bar.

Parmi les familles de seigneurs de Melay les plus célèbres à partir de 1480, il faut citer les Anglure, puis par héritage les Lignéville, puis les Fussey. Le château de Melay, une maison de maître de grandes dimensions, située au centre du village, appartenait aux d'Anglure, seigneur de Melay [une baronnie]. Au cours du XVIe siècle, René d'Anglure, seigneur de Melay [**], gouverneur de la Mothe, fut le grand maîstre en l'hostel [chef des finances particulières] du duc Charles III de Lorraine, et Henri d'Anglure, seigneur de Melay, conseiller, chambellan et chef des finances, au cours des années 1530, puis 1560. Antoine, duc de Lorraine, a voulu vendre la seigneurie de Melay à Jean le Boeuf, comte d'Osmoy, mais les héritiers s'y opposèrent et la cession ne se fit pas.
L'église Saint-Rémy (catholique) était le siège d'une cure à la collation du prieuré-cure de Voisey. C'est un édifice néoclassique homogène probablement construit au tout début du 18e siècle, ainsi qu'en témoigne la date de 1701 inscrite au-dessus de la porte de la sacristie.

Lors de la guerre de Trente-ans (1631-1661),  la Lorraine est occupée par la France sous les règnes de Louis XIII, puis de Louis XIV. Le roi de France tente de prendre la main sur les principales places fortifiées et installe une administration française. Les conséquences provoquent la plus grande catastrophe économique et démographique (entre 40 et 60% de la population) de l'histoire de la Lorraine, comme en Alsace.

En 1635, Melay est complètement détruit par les Français malgré la résistance des lorrains et reste abandonné par ses habitants jusqu’en 1659, proche de la fin de cette guerre. De même, Châtillon-sur-Saône est rasé en 1635 et abandonné par les habitants jusqu'en 1660. En 1661, Charles de Vaudémont (ou Karl IV.), duc de Lorraine et de Bar, revient à la tête de ses états lorrains. En 1666, la seigneurie de Melay est reconstituée et les droits possédés par ses seigneurs sont rétablis au 23 septembre 1672 : c’est à la demande de la baronne Catherine de Lignéville, dame de Melay, veuve de Vivant de Fussey ; elle est dame d’honneur de la reine mère Anne d’Autriche.
Puis, des relations souvent houleuses entre le roi de France et les ducs de Lorraine se poursuivent jusqu’en 1766 avec l’annexion de la Lorraine par la France à la mort du roi Stanislas ; Melay intègre le bailliage de Lamarche.

Jusqu'à la fin du XIXe siècle, tous les coteaux aux alentours étaient plantés de vigne d'un grand rapport. La vigne occupa une place prépondérante. Le canton de Bourbonne possédait 1 761 hectares de vignes en 1847 et 2 010 en 1871, et parmi les villages qui possédaient la plus grande superficie de vignes : Voisey, Melay, Coiffy-le-Haut. Le vin se vendait en presque totalité dans le département de la Haute-Saône. À la fin des années 1800, l'épidémie de phylloxéra et l'exode rural vers les villes sont à l'origine du déclin de la vigne, qui a cessé d'être la culture essentielle du Pays de Bourbonne, et la presque totalité des côteaux est revenue aux pâturages et à la forêt. Aujourd'hui, seule la dénomination « Vin de pays des coteaux de Coiffy » (Coiffy-le-Haut, Coiffy-le-Bas et Laneuvelle) reste reconnue dans les environs de Melay.

Deux traditions melayotes relevées dans les Cahiers Haut-Marnais (1956) : - On conseillait à toute femme enceinte de boire beaucoup d'eau-de-vie pour avoir, précisait-on, un bébé au teint clair. - On posait une goutte d'eau-de-vie sur les lèvres du nouveau-né à la fin du repas de baptême.

 

[**] Extrait de Prinet Max (1914), Une incursion des Lorrains en Franche-Comté (1494). Mémoires de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Besançon. 2e trimestre, p. 1-29 (pagination originelle p. 117-149) -

« De Gouhenans, les d'Anglure se jetèrent à plusieurs reprises sur les villages lorrains et barrois, y portant le ravage et l'incendie, rançonnant les habitants, en mettant plusieurs à mort, enlevant les récoltes et le bétail. Ils saccagèrent les villages barrois de Melay, de Fresnes-sur-Apance et de Blondefontaine.

Lédict Colas d'Angleure, lisons-nous dans une enquête de 1498, luy et ses gens, quilz estoient environ en nombre de XXV chevalx et atant de piétons, vindrent courre le vilaige de Melay,- le jour de Karementrant, l'an mil IIIIc IIIIxx et XIII, et auquel lieu firent de grant et inestimable dompmaige, comme de avoir brulés trois maisons, tous les biens dedans lesdictes maisons, viollèrent et pillèrent deux églises oudict vilaige, prindrent nêufz prisonniers, lesquelx furent mener à Gonam et ransonner, et emmenèrent le bestialx dudict Melay, leurs biens meubles, lesquelx montoient à grande et merveilleuze somme, et depuis ladicte course, ledict seigneur d'Angleure appaitifz ledict vilaige la somme de huit vingtz frans, comme il appert par une lettre signée de sa main qu'il a donné pour la seurtey dudict vilaige, et par la guerre et parde dessus dictes, plusieurs hahitans ont absenter le lieu si que de présent demeurent encore hors dudict villaige. D'après les témoins, les pertes subies par les habitants de Melay atteignaient la valeur de 1,500 francs 
».

« Les troupes de René II avaient vengé les habitants de Melay, de Fresnes et de Blondefontaine; elles les avaient vengés surtout aux dépens de malheureux paysans dont le seul crime était d'avoir hébergé, bien malgré eux, pendant trois mois, les ennemis du duc de Lorraine. L'entreprise des lorrains constituait une atteinte flagrante aux droits de souveraineté de l'archiduc Philippe Valangin et ses soldats avaient aggravé le cas en outrageant le prince sur les terres duquel ils avaient porté la dévastation. Ils s'étaient plu à humilier les bourguignons en leur faisant constater que les pièces d'artillerie dont ils les menaçaient étaient celles-là mêmes que René II avait conquises sur Charles le Téméraire ».


Notes sur les armoiries des comtes de Bar : leur origine et leur vrai blasonnement

La représentation de poissons dans les blasons est trop souvent sujet à erreur d’interprétation quant à l’espèce citée ou figurée. En effet, le blasonnement la précise rarement et ce n’est que souvent les armoiries originelles qui donnent une indication. C’est le cas ici avec les armoiries des comtes de Bar ; or, il serait intéressant d’avoir le blasonnement primitif, car décrire deux bars dans les armoriaux récents est une erreur d’interprétation basée sur le nom qui en rien ne vient du poisson marin le bar en Manche et Atlantique ou loup en Méditerranée. Pas besoin d’être un grand spécialiste en ichtyologie pour constater que ce n’est pas un bar / loup qui est représenté.
C'est un comte de Montbéliard, dont les armoiries blasonnent : zwei goldene Barben auf rotem Feld représentés ci-contre, qui devient comte de Bar : il s'agit de l'ascendant Ludwig von Mousson (1015-1076), comte de Montbéliard, comte du Sundgau-Pfirt et comte de Bar (il est l'époux de Sophie de Bar, 1020-1093), par l'empereur Conrad II. (990-1039), il est de la maison Scarpone-Montfaucon ; Scarpone est un lieu disparu, localisé près de Dieulouard (54380) et à une dizaine de km des ruines du château de Mousson (à Pont-à-Mousson). Ce blason est aussi introduit dans les armoiries des comtes de Wurtemberg par Eberhard IV von Württemberg en épousant la dernière héritière du comté de Montbéliard, Henriette de Montbéliard et de Montfaucon (vers 1390-1444).
Une recherche sur l’onomastique du nom Bar et sur le toponyme Bar-le-Duc siège du comté éponyme a permis d’identifier une origine celtique de ce nom. Et ainsi ne se confirme pas l'hypothèse souvent véhiculée dans le blasonnement cité dans des armoriaux que le poisson est un bar qui donna le nom au comté ! Mais c'est bien ce toponyme qui donna le nom au patronyme.

Les premières armoiries connues du comté de Bar et de son comte Henri Ier de Bar reprennent l'écu de Montbéliard en en changeant le fond de gueules pour celui d'azur. Puis, suite aux croisades, il meurt à Gaza en 1239, Henri II de Bar peut ajouter les croix recroisées dans son blason.


Références

Bontemps B. (2017). Melay en Haute-Marne. La Gazette lorraine, 107, p. 34-35.

Bullet J. B. (1753-1760). Mémoires sur la langue celtique. 3 tomes, contenant un dictionnaire Celtique renfermant tous les termes de cette langue. Daclin, Besançon.

Gritzner M. F. A. & A. M. Hildenbrandt (1873). Der Adel Deutsch-Lothringen’s. Siebmacher’s grosses und allgemeines Wappenbuch, Bauer & Raspe, Nürnberg, avec 46 pl.

Jouglas de Morenas H. (1934). Grand armorial de France.  Editions Héraldiques, tome 1 A-B, 398 p. [Bar, p. 342].

Lacordaire A. (1907). Deux documents inédits, pour servir à l’histoire de Melay. Bulletin de la Société historique et archéologique de Langres, tome 5, p. 61-77.

Morizet G. (1931). Schmitt (Alphonse), Le Barrois mouvant au XVIIe siècle (1624-1698),1929. Revue d'histoire moderne, 6 (36), p. 500-502.

Morvan M. (1996). La racine toponymique pré-celtique *bar. Lapurdum, 1, p. 11-20.

Pattou E. (2024). Comtes de Bar - Lorraine, Bar (et Barrois). http://racineshistoire.free.fr/LGN/PDF/Bar.pdf, consulté le 15 mars 2026.

Rietstap J. B. (1884).  Armorial général, 2e éd., tome 1 A-K, 1149 p. [Bar, p. 110].

Seigneurie de Melay : Passage de la maison d’Anglure à la maison Fussey en 1625. https://v-assets.cdnsw.com/fs/Root/d4mj2-maison_Fussey_seigneurs_de_Melay_origine_Anglure_.pdf, consulté le 14 mars 2026.


 

Du cadastre napoléonien vers 1800,
aux cartes postales des années 1900
et à nos jours, début 2000.

 

 

Crèche de Noël en 2025 dans l'église de Melay
(photo de Nathalie Durieux)

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