Melay
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Melay se situe dans dans la partie la plus au sud du duché de Bar (en rose), à l'est le duché de Lorraine (en jaune), et à l'ouest le royaume de France et au sud la Franche-Comté (en blanc). Extrait de la carte de J. B. Homann, en 1712.
Le blason des comtes de Montbéliard (maison Scarpone-Montfaucon)
et redessiné avec comme modèle un barbeau fluviatile Barbus barbus.
Premières armoiries :
Blason des Comtes de Bar, Blasonnement : D’azur semé de croix recroisées au pied fiché d’or et deux barbeaux adossés de même, brochant sur le tout. Cri : Au feu ! Ceux de Bar. |
MELAY ne compte plus aujourd'hui que quelque 250 habitants (et plus aucun Masson), on dénombrait jusqu'à 1500 habitants au cours du XIXe siècle. En 1793, la population était de 1206 habitants, en 1821 de 1411, en 1999 de 282 (voir Démographie).
Le comte de Bar, Thiébaut II (1221-1291), achète le fief de Melay en 1249. Le village va dépendre de Châtillon-sur-Saône, bailliage du Bassigny. En 1301, suite au traité de Bruges, la partie de ce comté située vers l’ouest de la Meuse, appelée Barrois mouvant, relevait à la fois du domaine royal de France et du Saint Empire romain qui lui possédait seul la partie vers l’Est ou Barrois non mouvant. Puis, en 1304, le roi de France Philippe IV le Bel (1268-1314) donne au comte de Bar la châtellenie de Châtillon-sur-Saône, de laquelle dépendaient Melay, Conflans et la Mothe, qui de cet instant relèvent de la Lorraine. Ce comté est élevé au rang de duché en 1354 par l’empereur Karl IV (1316-1378) pour Robert I. de Bar (1344-1411), dès lors la Lorraine est formée par deux duchés, de Lorraine et de Bar. Parmi les familles de seigneurs de Melay les plus célèbres à partir de 1480, il faut citer les Anglure, puis par héritage les Lignéville, puis les Fussey. Le château de Melay, une maison de maître de grandes dimensions, située au centre du village, appartenait aux d'Anglure, seigneur de Melay [une baronnie]. Au cours du XVIe siècle, René d'Anglure, seigneur de Melay [**], gouverneur de la Mothe, fut le grand maîstre en l'hostel [chef des finances particulières] du duc Charles III de Lorraine, et Henri d'Anglure, seigneur de Melay, conseiller, chambellan et chef des finances, au cours des années 1530, puis 1560. Antoine, duc de Lorraine, a voulu vendre la seigneurie de Melay à Jean le Boeuf, comte d'Osmoy, mais les héritiers s'y opposèrent et la cession ne se fit pas. Lors de la guerre de Trente-ans (1631-1661), la Lorraine est occupée par la France sous les règnes de Louis XIII, puis de Louis XIV. Le roi de France tente de prendre la main sur les principales places fortifiées et installe une administration française. Les conséquences provoquent la plus grande catastrophe économique et démographique (entre 40 et 60% de la population) de l'histoire de la Lorraine, comme en Alsace. En 1635, Melay est complètement détruit par les Français malgré la résistance des lorrains et reste abandonné par ses habitants jusqu’en 1659, proche de la fin de cette guerre. De même, Châtillon-sur-Saône est rasé en 1635 et abandonné par les habitants jusqu'en 1660. En 1661, Charles de Vaudémont (ou Karl IV.), duc de Lorraine et de Bar, revient à la tête de ses états lorrains. En 1666, la seigneurie de Melay est reconstituée et les droits possédés par ses seigneurs sont rétablis au 23 septembre 1672 : c’est à la demande de la baronne Catherine de Lignéville, dame de Melay, veuve de Vivant de Fussey ; elle est dame d’honneur de la reine mère Anne d’Autriche. Jusqu'à la fin du XIXe siècle, tous les coteaux aux alentours étaient plantés de vigne d'un grand rapport. La vigne occupa une place prépondérante. Le canton de Bourbonne possédait 1 761 hectares de vignes en 1847 et 2 010 en 1871, et parmi les villages qui possédaient la plus grande superficie de vignes : Voisey, Melay, Coiffy-le-Haut. Le vin se vendait en presque totalité dans le département de la Haute-Saône. À la fin des années 1800, l'épidémie de phylloxéra et l'exode rural vers les villes sont à l'origine du déclin de la vigne, qui a cessé d'être la culture essentielle du Pays de Bourbonne, et la presque totalité des côteaux est revenue aux pâturages et à la forêt. Aujourd'hui, seule la dénomination « Vin de pays des coteaux de Coiffy » (Coiffy-le-Haut, Coiffy-le-Bas et Laneuvelle) reste reconnue dans les environs de Melay. Deux traditions melayotes relevées dans les Cahiers Haut-Marnais (1956) : - On conseillait à toute femme enceinte de boire beaucoup d'eau-de-vie pour avoir, précisait-on, un bébé au teint clair. - On posait une goutte d'eau-de-vie sur les lèvres du nouveau-né à la fin du repas de baptême.
[**] Extrait de Prinet Max (1914), Une incursion des Lorrains en Franche-Comté (1494). Mémoires de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Besançon. 2e trimestre, p. 1-29 (pagination originelle p. 117-149) - « De Gouhenans, les d'Anglure se jetèrent à plusieurs reprises sur les villages lorrains et barrois, y portant le ravage et l'incendie, rançonnant les habitants, en mettant plusieurs à mort, enlevant les récoltes et le bétail. Ils saccagèrent les villages barrois de Melay, de Fresnes-sur-Apance et de Blondefontaine. Notes sur les armoiries des comtes de Bar : leur origine et leur vrai blasonnement La représentation de poissons dans les blasons est trop souvent sujet à erreur d’interprétation quant à l’espèce citée ou figurée. En effet, le blasonnement la précise rarement et ce n’est que souvent les armoiries originelles qui donnent une indication. C’est le cas ici avec les armoiries des comtes de Bar ; or, il serait intéressant d’avoir le blasonnement primitif, car décrire deux bars dans les armoriaux récents est une erreur d’interprétation basée sur le nom qui en rien ne vient du poisson marin le bar en Manche et Atlantique ou loup en Méditerranée. Pas besoin d’être un grand spécialiste en ichtyologie pour constater que ce n’est pas un bar / loup qui est représenté. Les premières armoiries connues du comté de Bar et de son comte Henri Ier de Bar reprennent l'écu de Montbéliard en en changeant le fond de gueules pour celui d'azur. Puis, suite aux croisades, il meurt à Gaza en 1239, Henri II de Bar peut ajouter les croix recroisées dans son blason. Références Bontemps B. (2017). Melay en Haute-Marne. La Gazette lorraine, 107, p. 34-35. Bullet J. B. (1753-1760). Mémoires sur la langue celtique. 3 tomes, contenant un dictionnaire Celtique renfermant tous les termes de cette langue. Daclin, Besançon. Gritzner M. F. A. & A. M. Hildenbrandt (1873). Der Adel Deutsch-Lothringen’s. Siebmacher’s grosses und allgemeines Wappenbuch, Bauer & Raspe, Nürnberg, avec 46 pl. Jouglas de Morenas H. (1934). Grand armorial de France. Editions Héraldiques, tome 1 A-B, 398 p. [Bar, p. 342]. Lacordaire A. (1907). Deux documents inédits, pour servir à l’histoire de Melay. Bulletin de la Société historique et archéologique de Langres, tome 5, p. 61-77. Morizet G. (1931). Schmitt (Alphonse), Le Barrois mouvant au XVIIe siècle (1624-1698),1929. Revue d'histoire moderne, 6 (36), p. 500-502. Morvan M. (1996). La racine toponymique pré-celtique *bar. Lapurdum, 1, p. 11-20. Pattou E. (2024). Comtes de Bar - Lorraine, Bar (et Barrois). http://racineshistoire.free.fr/LGN/PDF/Bar.pdf, consulté le 15 mars 2026. Rietstap J. B. (1884). Armorial général, 2e éd., tome 1 A-K, 1149 p. [Bar, p. 110]. Seigneurie de Melay : Passage de la maison d’Anglure à la maison Fussey en 1625. https://v-assets.cdnsw.com/fs/Root/d4mj2-maison_Fussey_seigneurs_de_Melay_origine_Anglure_.pdf, consulté le 14 mars 2026.
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Du cadastre napoléonien vers 1800,
Crèche de Noël en 2025 dans l'église de Melay |
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