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Fuveau

Un exemple de fibula romaine
- à comparer avec ce qui devint ensuite une boucle de ceinture dans le blason.


Blason de Fuveau
(d'après l'Armorial de 1696)

Blason de Fuveau
(actuel)

 

Blason de Pierre de Vitalis,
seigneur de Fuveau et
coseigneurs de Pourcieux [*]
(d'après l'Armorial de 1696)

FUVEAU est un lieu avec des traces de l'époque celto-ligure avec au Nord la montagne Sainte-Victoire et au Sud la massif de l'Etoile. Le nom de Fuveau vient du nom latin Affuvellum, trouvé dans des textes dès le XIe siècle pour désigner le village. Cependant, la tradition veut que Fuveau ait été fondé par Quintus Fulvius Calvenus, lieutenant de César. En fait, Affuvellum, si ce nom vient de Fulvius, viendrait de Ad Fulvium, qui signifie « lieu de bataille de Fulvius ». Avant le XIIe, Affuvellum devient Affuvello, puis Affuvel au XIIIe, Fuvel ou Fivel au XVIe et enfin Fuveau dès 1575 ; en provençal Fuvèu. Cependant, les textes latins continuent de citer Affuvellum jusqu’au milieu du XVIe siècle.

Des explications plus populaires indiquent que le nom viendrait du provençal (!) Fuvello, boucle de ceinturon, d'après la boucle représenteraient celle formée par les deux ruisseaux qui ceinturaient et ceinturent toujours le village. C'est méconnaître l'objet, la fibule (en français) et son usage au cours du premier millénaire et auparavant ; elle répond à la définition : "FIBULE, subst. fém., ANTIQ. et MOY. ÂGE. Agrafe, le plus souvent en métal, servant à fixer les extrémités d'un vêtement", voir aussi Boucle (= anneau pourvu d'un ardillon servant Ó boucler une ceinture, un collier) dans le Dictionnaire du Moyen Franšais (1330-1500). Une autre interprétation serait que Fulvius conquérant la région (devenant Provincia romana, ultérieurement la Provence) en 124 av. J.-C. dans la bataille contre l'oppidum d'Entremont, aurait jeté sa "ceinture" (en fait sa fibula) sur le sol après la bataille.

Hugues Roche, fils de Jean Roche, juge de Forcalquier (1362-63), fut co-seigneur de Fuveau. Il prêta hommage le 28 juillet 1362.
Lors de la crise ouverte par la mort de la reine Jeanne Ie, la communauté de Fuveau adhère à l’Union d'Aix (1382-1387), soutenant Charles de Duras contre Louis Ier d'Anjou. Elle fait même partie des plus fidèles et maintient son soutien même après la reddition d’Aix5.
Fief très morcelé et on trouve parmi les seigneurs, la famille de Vitalis : on y trouve des ancêtres (dès le XVe siècle) d'Anne Bouisson, épouse Emig. Cette famille aixoise apparaît en 1488 et se mantient ensuite à Fuveau jusqu’à la Révolution, bien qu’une grande partie de la seigneurie ait été aliénée en 1760.
Outre l'agriculture, Fuveau a puisé ses ressources dans l'industrie minière et l'extraction du charbon - voir Lignite fuvelien - dès le XVe siècle, avec un fort développement dans la deuxième partie du XIXe siècle - voir Mines de charbon en Provence. A l’imitation de Trets, le village a aussi prospéré avec ses industries de drap et de tannerie, Fuveau voit monter sa population jusqu’à 800 habitants. Ses côteaux, plantés de vignobles, favorisent les établissements de distilleries.

<< D'azur à une boucle de ceinture d'or posée en fasce adextrée d'une palme du même posée en pal et accompagnée du mot FUVEL la première syllabe en chef et la seconde en pointe. Nota : la palme provient des armoiries des Vitalis.

Dans la première moitié du XVIIe siècle, en effet, des propriétaires, ayant vu, soit en cultivant leurs champs, soit en parcourant leurs collines, émerger le lignite, louent les « pereyrons » qui descendent dans leurs rudimentaires galeries à coups d’aiguilles. Non seulement des textes indiscutables de 1720-1721 nous apprennent que de Marseille, on venait chercher le charbon à dos de mulet, mais les témoignages formels des anciens indigènes racontent les précautions prises à cette époque de peste : les charbonniers mettaient les sous qu'on leur donnaient les muletiers de Marseille en paiement des charges de charbon dans une terrine remplie de vinaigre afin de ne pas prendre le mal.

<< D'azur à la boucle de ceinture accostée de deux palmes adossées, surmontée de l'inscription FU et soutenue de l'inscription VEAU, les deux inscriptions en lettres capitales, le tout d'or. Nota : les palmes sont issues des armoiries des Vitalis.

En 1735, les Barthélemy, les Vitalis [*] exploitent des mines à Fuveau. En 1750-1753 il y a des progrès très nets dans l’extraction du charbon ; aussi, de 1756 à 1789, on compte une centaine de petits centres d’exploitation. Au cadastre de 1777, on dénombre 33 charbonniers possédant biens.
Dans le bassin à lignite de Fuveau, on changeait souvent de "trou" : dès qu'il était trop bas ou encombré ou pris par les eaux, on déplaçait le chantier. La vingtaine d’ouvriers qui le composait, pereyrons en tête, creusaient ailleurs une autre descenderie, et ainsi de suite. Ceci explique aisément leur multiplication, à Fuveau et environs (Trets, Peynier, Peypin, Valdone, Gréasque, Belcodène…).

Jusqu'à nos jours, Fuveau est resté un charmant village perché, typiquement provençal avec ses maisons anciennes, rues étroites et portes dans les remparts, témoins privilégiés de son histoire médiévale.

La démographie de Fuveau indique : 1793 - 1 187 habitant ; 1891 - 2482 ; 1990 - 6410 ; 2012 - 9 369.

[*] Jean Jacques Bouisson (1752-1825), issu d'une famille connue de Trets, se marie à Fuveau en 1773 avec Anne Moustier (1755-1796), né à Fuveau. Ils iront habités Trets où ils auront 10 enfants. Les parents d'Anne sont Jean Baptiste Moustier de Gréasque et Jeanne Vitalis,d'une ancienne famille fuvelaise, alliée notamment aux Bassac, Bonnefoy, Barthelemy, Estienne... de Fuveau. En savoir plus...


    Des références et des Liens sur Fuveau:
    • Baratier Edouard, 1961. La démographie provençale du XIIIe au XVIe siècle, avec chiffres de comparaison pour le XVIIIe siècle. 257 p., S.E.V.P.E.N., Paris.
    • Baratier Edouard & P. Rambaud,1962. La démographie provençale du XIIIe au XVIe siècle. Études rurales, 4, EHESS, Paris.
    • Chailan M., 1901. Vallée de l'Arc supérieur. Recherches archéologiques et historiques sur Fuveau. Aubertin, Aix-en-Province, 164 p.
    • Colon M. & E. Colon, 1998. Fuveau : Des origines à l'aube du XIXème siècle. Colon, 189 p.
    • Colon M. & E. Colon, 2001. Fuveau autrefois : Le temps des mineurs paysans, 1809-1962. colon, 159 p.
    • Hozier C. R. d' (1701-1800). Provence. Armorial général de France, dressé en vertu de l'édit de 1696. Vol. 30 (2), 960 p. (cotées de 1045-2004).
    • Mistral F. (1979). Lou Trésor dou Félibrige ou Dictionnaire provençal- français : embrassant les divers dialectes de la langue d'oc moderne... Tome 1 (A-F), 1196 p. [voir p. 1196 : Fuvel...].
    • Reyerson Kathryn & John Victor Drendel, 1998. Urban and rural communities in medieval France: Provence and Languedoc, 1000-1500. 333 p., Brill, Leiden.

    • Fuveau

    • Fuveau : familles Moustier et Vitalis

Fuveau en 1903 - vue du Nord

 

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