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Sessenheim - Dengolsheim

 

 

 

Blason de Sessenheim

" sur fond vert, trois cygnes d'argent, becs et membres de sable "


SESSENHEIM apparaît pour la première fois en 737 dans un document de l’abbaye de Murbach (Haut-Rhin), qui y possédait des biens. Mais bien auparavant, des tribus avaient choisi de s’établir aux environs de Sessenheim entre l’an 2000 et 900 avant notre ère - c’est de cette époque que date le tumulus situé à l’Est du village, au lieu dit "Ebersberg".

En 1359, les comtes d’Ötingen cèdent le fief impérial comprenant Sessenheim avec dix autres villages aux Fleckenstein. Ces derniers, favorables à la Réforme luthérienne, notamment Henri VIII de Fleckenstein introduisent la nouvelle religion dans les trente villages de leur baronnie.

Vers 1688, le "simultaneum" est imposé dans l’église protestante de Sessenheim. Les cultes protestant et catholique seront célébrés dans le même édifice jusqu’en 1911 [construction d'une église catholique en 1912 - l’ancienne église protestante sera agrandie - ci-contre - et inaugurée le 25 décembre de cette même année]. La guerre de succession d’Espagne fait rage aux environs de Sessenheim en 1705-1706. En 1712, la peste décime la population.

Le 29 novembre 1751 est née à Rechtenbach, dans le Palatinat, Maria Salome Schweppenhaüser. Son père fut pasteur de la paroisse protestante de Sessenheim de 1757 à 1760. Maria Salome est une ascendante du Prince Charles, futur roi d’Angleterre.

Au mois d’avril 1752, naît à Niederrödern, Friederike Elisabetha Brion, elle décède, célibataire, à Meißenheim (Bade Wurtemberg, Allemagne) le 3 avril 1813. Son père, Johann Jacob Brion, né à Strasbourg le 11 avril 1717, pasteur à Niederrödern et à Bühl, vient remplacer celui de Sessenheim, H. G. Schweppenhaüser, mort le 16 août 1760 ; sa mère est Magdalena Salome Schöll, née le 12 mars 1724 à Fröschwiller, se marie à Strasbourg le 29 mai 1743. Les deux décèdent à Sessenheim respectivement en 1787 et 1786.

Johann Jacob Brion fut un ami de Johann Ludwig Mochel (1731-1794) qui était l'un des maîtres de l'école protestante de Sessenheim et aussi son directeur jusqu'en 1779. Mochel est venu, avec sa famille, de Oberotterbach (Rhénanie-Palatinat) pour s'installer à Sessenheim : des descendants se marieront avec des Wohlhüter, y compris dans les branches ayant émigré en Amérique. Par cette amitié, Johann Ludwig Mochel a eu l'occasion de rencontrer Goethe.

Friederike Brion dans son costume alsacien >>

En effet, c'est à Sessenheim que Frederike Elisabeth Brion fait la rencontre, à l'âge de 18 ans, de Wolfgang Goethe, alors jeune étudiant. De cette rencontre naît une idylle que le poète relatera dans son autobiographie Poésie et vérité. Un mémorial, au centre du village, évoque cette brève (1770-1771) liaison amoureuse qui marqua Goethe... et rendit Sessenheim célèbre.

Reçu docteur en droit en août 1771, Goethe se résout à quitter Strasbourg pour regagner Francfort. Il laisse Frédérique le cœur brisé. Il la reverra une fois en 1779, non sans avoir évoqué cet amour absolu dans deux poèmes importants : «  Bienvenue et Adieu » et « Rose des Bruyères ». Frédérique, après un séjour à Rothau, se retire en 1805, au pays de Bade, à Meissenheim, à tout jamais marquée par cette flamboyante passion de jeunesse. Elle meurt à Meissenheim, le 13 avril 1813, et est enterrée à côté de l’église. Son épitaphe rappelle qu’un « rayon de soleil du poète lui conféra l’immortalité ».

Pour en savoir plus....

Sur l’initiative du Prof. Gustave Adolf Müller, archéologue et écrivain allemand, un premier musée "Goethe-Frédérique" ouvre ses portes le 10 août 1895. Il est installé dans une salle de la mairie de Sessenheim. G. A. Müller est aidé et soutenu dans son initiative par Guillaume Gillig, l'aubergiste du Gasthaus zum Ochsen et Henri Edouard Loux (*), directeur d'école à Sessenheim. Après certains désaccords entre la commune et les promoteurs du musée, celui-ci est transféré au Gasthaus en 1899, où il se visite toujours.


Tous ces points d’histoire pour rappeler que Sessenheim est devenu lieu de pèlerinage littéraire, mais aussi gourmand. Car, le Gasthaus "zum Ochsen" [aujourd'hui nommé l'Auberge au Bœuf, devenue une des meilleures tables] existe depuis 1688. Elle est située à côté de l'église protestante. Les propriétaires successifs sont :

  • 1688 - 1824 : Johann Michael Klein, puis, en 1764, son fils Johann Jacob, qui restaure et agrandit l'auberge en 1824 - peu avant sa mort.
  • 1825 - 1875 : Georg Ludwig Mochel (1764-1842), cultivateur et garde champêtre, et sa troisième épouse Maria Catherina Lieb (1777-1855), cultivatrice, achètent l'auberge. Il est le fils du maître d'école (1731-1794) et de Maria Elisabetha Hüder (1734-1808) (voir ci-dessus). L'un de leur fils Georg Mochel (1798-1838) aubergiste et cultivateur, travaille aussi dans l'auberge avec son épouse Marianna Klein (1799-1875).
    Au décès de Georg Ludwig Mochel en 1842, Maria Catherina continue à gérer l'auberge jusqu'à sa mort en 1855 avec sa belle-fille Marianna, elle aussi veuve. Cette dernière se remarie en 1842 avec Daniel Zimmermann (1787-1856) de Bischwiller et tous deux continuent à l'auberge. Après le décès de sa belle-mère Maria Catherina en 1855, puis de son 2e mari en 1856, elle gère l'auberge jusqu'à sa mort en 1875. En l'absence d'héritier direct, le Gasthaus zum Ochsen est vendu aux enchères.
  • 1875 - 1955 : l'auberge est achetée par le menuisier Guillaume Gillig (1846-1933) de Sessenheim qui en devient l'aubergiste avec son épouse Elisabeth Kraus (1833-1904), née à Sulzbach-Billingheim (Bade-Wurtemberg), qu'il a épousé en 1872, puis en secondes noces en 1905 Pauline Frédérique Sautter (1872-1955), née à Bad Liedenzell (Bade-Wurtemberg). Il installe, en 1899, le Musée Goethe dans les locaux de l'auberge. Après le décès de son mari en 1933, Pauline poursuit la gestion de l'auberge jusqu'en 1954.
    - À lire un article dans les DNA de 1943 : -
    Une fois encore, en l'absence d'héritier direct, le Gasthaus zum Ochsen est mis aux enchères.
  • 1955 - 1989 : il est acquis par Wolfgang Sautter, neveu de Pauline Sautter et grand-père des actuels propriétaires, et son épouse Nora Körbling. Ils reconstruisent l'Auberge au Bœuf dans son aspect actuel et rénovent le musée.
  • 1990 - leur fille Christiane Sautter, épouse Germain, reprend l'auberge. Aujourd'hui à la retraite, c'est son fils Yannick Germain , un jeune chef cuisinier talentueux, qui poursuit la renommée de l'auberge avec son épouse Claudine, née Roos.

 (*)   Autre célébrité alsacienne, Henri Loux, né à Auenheim en 1873 et décédé à Strasbourg en 1907, passe son enfance à Sessenheim auprès de sa famille, protestante ; son père Henri Edouard (1842-1901) était instituteur à Auenheim, puis directeur d'école à Sessenheim. Il est surtout connu pour les illustrations de la vaisselle dite « Obernai » et fabriquée par les faïenceries Utzschneider & Cie à Sarreguemines.


Les familles Klein, Mochel, Gillig, Wohlhüter, parmi d'autres, sont alliées depuis des siècles tant à Sessenheim que dans les villages environnants. En effet, Anton Wohlhüter, le premier ancêtre connu, s'est marié à Kauffenheim avec Maria Gillig vers 1665.
Les mariages à Sessenheim ou mariés de Sessenheim :

GILLIG Chrétienx 1833WOHLHÜTER Anne Marie

Généalogie sur :

eGen Database

Geneanet
[ et aussi les
Gillig-Sautter et
Mochel

MOCHEL Louisx 1835KLEIN Elisabeth
MOCHEL Georgx 1836KLEIN Marianna
MOCHEL Gottfriedx 1837GILLIG Madeleine
GILLIG Johann Jacobx 1842WOHLHÜTER Magdelaine
WOHLHÜTER Laurentx 1847 KLEIN Frédérique
KLEIN Louisx 1891MOCHEL Caroline > USA
KLEIN Georgesx 1891GILLIG Madeleine
KLEIN Albertx 1930MOCHEL Caroline
WOHLHÜTER Alfredx 1952MOCHEL Lucie

Le premier Wohlhüter à se marier à Sessenheim est Andreas (°1759 à Kauffenheim) avec Christine Wolff de Rountzenheim où ils vivront. Ensuite, c'est Johann Georg (1775-1829) de Kauffenheim qui s'est marié en 1804 avec Maria Magdalena Jung de Dengolsheim où leurs enfants sont nés. Parmi les autres mariages Wohlhüter à Sessenheim, citons: Anna Catherine de Kauffenheim avec Philippe Siebold en 1818 ; Martin de Bühl avec Catherine Bostetter en 1844; Laurent de Forstfeld avec Catherine Goetz en 1866...


Quelques lectures:

  • Siegfriedt H. (2010). Sessenheim, Stattmatten; un siècle en images. Valblor, Illkirch-Graffenstaden, 160 p.
  • Fischer K. (2007). Eidechsen huschen über die bröckelnden Ziegel : Goethe J. W. Dichtung und Wahrheit. Insel Verlag 2008. 947 p. go - et -
  • Collectif d'auteurs (2002). Sessenheim, Dengolsheim, Stattmatten: Histoire et histoires. Monographies sur les villages d'Alsace (Coprur, Strasbourg), Vol. 76, 543 p.
  • Eilers R. (2002). Verwandtschaft Hand in Hand: Friederike Brion – Lotte Buff – Johann Wolfgang v. Goethe. Butzbacher Geschichtsblätter, n° 164.
  • Guggenbühl W. (1961). Sessenheim: Chronik einer elsässischen Landgemeinde. Impr. Savernoise, Saverne, 241 p.
  • Historicus [pseud. de Ströhlin E.] (1871). Les conditions de la paix et les droits de l'Allemagne. Pfeiffer & Puky, Genève, 32 p. go - extrait des p. 24-25 ci-dessus.
Extrait d'une " Brochure touristique sur Sessenheim, Leutenheim..."

Souvenirs à partir de photos actuelles : un tour dans Sessenheim

 

 

 

 

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