Famille Emig - Bouisson

Cousinages illustres : avec la famille Hatt (Strasbourg)

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Famille Hatt, des brasseurs protestants de Strasbourg


Deux liens par alliance ont été mis en évidence :

  • avec le couple Hatt Wilhelm Georg Andreas (1884-1925), marié avec Meyer Magdalena Sophie (1886-1947) et leurs descendants – voir ci-dessous.

  • avec le couple Hatt Catherine Jeanne Wynanda (1919-2014), épouse de Pierre Paul Schweitzer (1912-1994), et leurs descendants. Ces ancêtres sont les mêmes que ceux d’Emig Christian avec Schweitzer Albert, son oncle (prix Nobel) – voir les pages Schweitzer et Kessel : le nombre d'ancêtres communs est de 26 (au 16-1-2019) - lire
        Leur fils Louis, né en 1942 à Genève, haut fonctionnaire, fut notamment président du groupe automobile Renault, puis président de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité).

Généalogie ascendante des deux conjoints Hatt mentionnés ci-dessus >>

L'ancêtre de la famille Hatt à Strasbourg est Materne Hatten, un humaniste né vers 1470 à Speyer (Spire en français) dans le Palatinat et décédé le 14 mars 1546 à Strasbourg. Vers 1526, les bourgeois de Spire adoptent rapidement les idées de la Réforme. Mais, suite à la situation tendue aux débuts de la Réforme, ce vicaire de la cathédrale de Spire, gagné aux idées luthériennes, est suspendu de son sacerdoce en 1527, et il migre à Strasbourg, le centre alsacien de la nouvelle foi, où il devint vicaire en l’église luthérienne Saint-Thomas. Il entretint des relations d’amitié et d’intenses échanges d’idées avec de nombreuses personnalités de l’humanisme rhénan, ainsi que du mouvement réformateur, tels Desiderius Erasmus de Rotterdam (1466-1536) ou l'alsacien Martin Bucer (1491-1551). C'est le début de la saga de la famille Hatt dans la bourgeoisie protestante de Strasbourg. À noter qu'à l'époque Strasbourg était une ville libre (devenue protestante en 1532) du Saint-Empire Romain germanique de la la Nation allemande (en allemand Heiligen Römischen Reich Deutscher Nation).

Hieronymus Hatten (Hatt) (1633-1675), fils de teinturier, admis à la corporation des tonneliers, obtient sa maîtrise de brasseur en 1664 et loue la brasserie "Zur Kanone" ("au Canon") sise à la place du Corbeau ; en 1669, il achète cette brasserie. 1664 est aussi la date de son mariage avec Margaretha Hamm (1638-1734) : ainsi est née une dynastie de patrons brassicoles qui marquera l'Alsace pendant plus de 300 ans et huit générations. La branche aînée gère la brasserie familiale Hatt qui donnera naissance, après son déménagement en 1862, à la Brasserie Kronenbourg (nom du quatier de Strasbourg où elle s'est installée) et leur célèbre 1664, référence à l'année de fondation de la dynastie. En 1970, suite à une OPA, elle passera à BSN-Danone, puis au groupe Scottish & Newcastle, et en 2008 à la brasserie danoise Carlsberg.

       

C'est en 1746 que Johannes Hatt (1720-1753), petit-fils de Hieronymus Hatt, fonda la brasserie de l’Espérance, rue des Veaux à Strasbourg. Sa bière traditionnelle est l'Ancre. Ce nom vient de l’ancre au sommet du clocher de l’église Saint-Guillaume (Wilhelmerkirche en allemand) qui est sise près des quais des bateliers et des pêcheurs, le long de l'Ill, et à une centaine de mètres de la brasserie. Dès 1331, cette église devient la paroisse (catholique) de la corporation des Bateliers. En 1524, un pasteur luthérien est réclamé par les bateliers. Mais le premier culte protestant n'y sera célébré qu'en 1534 et il s'y perpétue de nos jours.
Cette brasserie sera la première en Alsace à s'équiper d'une machine à vapeur en 1842. En 1862, la brasserie est transférée à Schiltigheim, la Cité des Brasseurs, commune voisine de Strasbourg. En 1969, elle intègre l'Alsacienne de Brasserie (Albra) et, en 1972, le groupe Heineken acquiert l'Albra et la brasserie de l’Espérance. Après plus de 300 ans, 1972 marque la fin de la saga familiale des brasseurs-propriétaires Hatt.
C'est par des descendants de cette branche de brasseurs Hatt que se fait le cousinage détaillé ici.

Cousinage

1. - Le cousinage par le couple Hatt Wilhelm Georg Andreas (1884-1925) et Meyer Magdalena Sophie (1886-1947) avec leurs descendants a montré 117 ancêtres communs qui ont été établis à travers l'ascendance de l'épouse qui comme son père est née à Riquewihr et sa mère Oberlin Madeleine à Jebsheim. La grande majorité de leurs ascendants ont vécus dans les seigneuries de Riquewihr et d'Horbourg, possessions des ducs de Wurtemberg, vendues à la France en 1796. Parmi les localités le plus souvent citées : Riquewihr, Beblenheim, Mittelwihr... et Jebsheim, Muntzenheim, Andolsheim, Sundhoffen... - voir carte des seigneuries. Après des siècles, les familles protestantes vivant dans les possessions protestantes alsaciennes étaient pratiquement toutes alliées, surtout quand elles étaient relativement proches géographiquement (Emig, 2012). Le présent cousinage le confirme une fois de plus.

Tableau 1. - Détail de l'ascendance depuis les ancêtres 13 et 111 (voir ).

 WITTNER Johannes (1755-1813)
 KARCHER Maria Barbara (1759-1835)

 WITTNER Maria Barbara (1796-1836)

 WITTNER Johannes (1784-1823)

 MEYER Jean Frédéric (1822-1901)

 WITTNER Jean (1811-1880)

 MEYER Eugène Frédéric (1858-1893)

 WITTNER Anne Marie (1840-1933)

 MEYER Magdalena Sophie (1886-1947)

 EMIG Jean Charles (1865-1928)

 HATT Philipp Georg (1910-1982)

 EMIG Charles (1909-1970)

 EMIG Christian Charles Théodore (1941-)

2. - Le cousinage par le couple Hatt Catherine Jeanne Wynanda (1919-2014) et Pierre Paul Schweitzer (1912-1994) avec leurs descendants a montré 26 ancêtres communs qui ont été établis à travers l'ascendance de l'époux qui est né à Strasbourg, son père Paul à Gunsbach (frère d'Albert Schweitzer) et sa mère Münch Emma à Strasbourg. Mêmes remarques que ci-dessus sur les ancêtres.

Tableau 2. - Détail de l'ascendance depuis les ancêtres 4 et 24 (voir ).

BINDER Maria Salome (1711-1751)
 KESSEL Johann Conrad (1707-1751)

 KESSEL Johannes (1735-1770)

 KESSEL Johann Jacob (1745-1834)

 KESSEL Johann Michael (1763-1846)

 KESSEL Johann Conrad (1787-1839)

 KESSEL Caroline (1803-1873)

 KESSEL Anne Marie (1815-1880)

 SCHILLINGER Adèle (1841-1916)

 WITTNER Anne Marie (1840-1933)

 SCHWEITZER Paul (1882-1967)

 EMIG Jean Charles (1865-1928)

 SCHWEITZER Pierre Paul (1912-1994)

 EMIG Charles (1909-1970)

 SCHWEITZER Louis Pierre Jean (1942-)

 EMIG Christian Charles Théodore (1941-)

Les données généalogiques de ces deux cousinages ont été reportés dans un pdf téléchargeable ici d'un clic


Références et liens

Entz F. (2011). La bière en Alsace. Revue d’Alsace, 137, 151-173.

Gütermann S. (2017). Matern Hatten: Ein Intellektuellenleben zwischen Humanismus und Reformation am Oberrhein. Verlag Regionalkultur, Ubstadt-Weiher, 144 p. - Traduit en français en 2018 sous le titre : "Materne Hatten: La vie d’un clerc lettré au carrefour de l’Humanisme et de la Réforme en Rhénanie supérieure (Spire v.1470 – † Strasbourg 1546)".

Reiber F. (1882). Études gambrinales: histoire et archéologie de la bière et principalement de la bière de Strasbourg. Berger-Levrault, Strasbourg, 245 p.

Stoskopf N. (2018). Les Hatt une dynastie de brasseurs strasbourgeois de 1664 aux années 1980. Vandelle, Pontarlier, 319 p.

Stoskopf N. & P. Vonau (2015). L’Alsace du second XXe siècle : la grande mutation industrielle. Revue d'Alsace, 2004, 159-192.