Famille Emig - Bouisson

Origine des familles Kessel et Binder

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Familles Kessel et Binder

Origine des Kessel

Il existe en Allemagne diverses localités nommées Eisenbach, deux sont citées comme lieu d’origine possible de la famille Kessel :

  • Eisenbach, D-65618 Selters (Taunus) dans le district Limburg-Weilburg en Hesse, sur la rivière Eisenbach (et non Glan) ;
  • deux localités sises dans le Palatinat, à quelque 150 km dans Sud de la première ; ces deux sont situées à proximité de la rivière Glan et aussi à moins de 80 km de l’Alsace:
    • Eisenbach go, un hameau aujourd’hui de moins d'une centaine d'habitants a été intégré à D-06383 Matzenbach : parfois faussement nommé Eisenbach am Glan, elle a aussi été quelquefois confondue avec la première localité,
    • Et Oberysenbach go, aujourd’hui Obereisenbach, situé à une vingtaine de km de la précédente ; et rattachée depuis 1820 à Sankt Julian (07 3 36 095 - Rhénanie-Palatinat).

Mon choix s’est porté sur ce dernier lieu. En effet, le hameau de Obereisenbach est au bord de la rivière Eisenbach [aussi nommé Kesselbach qui se jette dans la rivière Glan, le confluent étant à 2-3 km]. Au XVe siècle, ce hameau était nommé Oberysenbach et ne comportait que 2-4 familles, aujourd’hui environ 80 habitants. L’ajout de « Eisen » vient de la proximité dans les environs de grès ferrugineux, un trait commun avec tous les lieux nommés Eisenbach en Allemagne.

Depuis 1426, Obereisenbach appartient aux seigneurs de Stein-Kallenfels, devenus luthériens à la Réforme ; ce sont des seigneurs hauts-fonctionnaires des comtes palatins. steinLes Stein-Kallenfels avaient aussi des possessions protestantes en Lorraine, comme Woelfling et Wiesviller, et en Alsace comme Struth et la seigneurie d’Asswiller (dont le blason est aujourd’hui encore celui des Stein-Kallenfels ; elle a été annexée par la France en 1793).

Les armoiries de cette noble famille se blasonnent en « Coupé : au premier de sinople au léopard d'argent, au second d'or plain. » (einem quergeteiltem Schild in Grün und Gold. Im oberen grünen Feld ein laufender, silberner Leopard. Die Helmzier besteht aus einer roten Mütze mit Quaste und Zipfel und grünem Aufschlag, darin wieder ein Leopard).

C’est probablement le Kesselbach qui a fourni le nom de famille des Kessel, à cette époque une des familles de cultivateurs habitants dans cette étroite vallée, isolée et soumise à des conditions climatiques et agricoles difficiles. Le nom de la rivière peut provenir d’une situation géologique encaissée et en forme de cuvette (= Kessel).

Kesselbach (rivière Kesselbach) >>

L’ancêtre Daniel Kessel est né vers 1570 à Obereisenbach (district de Kussel, Rhénanie-Palatinat), puis, marié avec Ursula Hässler, il s’est installé en Alsace au début du XVIIe siècle. Leur fils Nicolaï (1599-1669) s'est marié en premières noces à Strasbourg en 1625, puis en secondes noces Anna Maria Neps (1613-1673) à Benfeld (67) entre 1640-1650 ; puis, ils s’installent à Ostheim (68), appartenant au duché de Wurtemberg (protestant luthérien), où il est décédé en 1669.

Origine des Binder

L'ancêtre Hans Binder, né à Bad Cannstadt, près de Stuttgart (Bade-Wurtemberg), s'est marié probablement à Hunawihr d'où est originaire son épouse Margaretha Wolff, veuve de Hans Leib. Elle est décédée à Riquewihr en 1620 et lui à Colmar vers 1635. Il était tonnelier et aubergiste. Son fils Johann (1585-1635), né à Riquewihr et décédé à Colmar, épouse vers 1605 en premières noces Magdalena Wigerich (1585-1628), dont l'ascendance par sa mère Margaretha Fehr (1565-1595), né à Colmar et décédée à Riquewihr, et la mère de cette dernière Anna Volland, originaire de Tübingen (Bade Wurtemberg), fille de Caspar Volland (1500-1554) et de Agnes Breunig, est sujet à débat entre généalogistes.

En effet, le grand-père Heinrich (1428-1482) de Caspar Volland a épousé Elisabeth Lyher (1442-1490). Selon l'historien Decker-Hauff (1975), Wolff (1978) et Richter (2010), la mère de cette dernière est Antonia von Dagersheim, fille bâtarde d'Agnes von Dagersheim, demoiselle à la cour, et du prince d'Eberhard IV von Württemberg. Dès lors est envisagé un lien menant à la reine Elizabeth II. Le fait qu'Albert Schweitzer soit un Kessel par sa grand-mère (voir arbre ci-contre) donne du piquant et de l'audience au débat.

Or, cette ascendance est dénoncée par divers arguments présentés par Fendrich (2003) et Otto-Günter (2003) en démontrant qu'elle est partiellement basée sur des interprétations erronées.


La descendance Kessel-Binder

Fils de Johann Michael KESSEL (1679-1712) et de Anna Catharina GSELL (1669-), Johann Conrad KESSEL (1707-1751) de Riquewihr se marie le 10 juin 1734 avec Maria Salome BINDER (1711-1751) de Hunawihr. Il est gourmet et aubergiste zum Hirschen à Riquewihr. Cinq garçons et deux filles naissent, tous à Riquewihr.

Arbre généalogique Kessel - Binder >>

Parmi la descendance de trois des leurs fils :

Johannes KESSEL(1735-1770), l’aîné, a repris l’auberge zum Hirschen, avec son épouse Maria Susanna FISCHER (1738-1798). Leur fils Johann Michel, né à Riquewihr en 1763 et décédé en 1846 à Schiltigheim épouse Maria Magdalena FLACH (1782-1847), originaire de Strasbourg, le 10 décembre 1798 à Riquewihr : ils reprennent l’auberge familiale. Ils ont deux fils et quatre filles.
Leur fille Caroline (1803-19873), née à Kayserberg, épouse à Riquewihr le pateur Jean Jacques SCHILLINGER (1801-1872), né à Strasbourg. Et la fille de ces derniers, Adèle (1842-1916), née à Muhlbach-sur-Munster, y épouse en 1872 le pasteur Louis Théophile SCHWEITZER (1846-1925), né à Pfaffenhoffen. L’année même de la naissance d’Albert à Kayserberg en 1875, la famille déménage pour s’installer au presbytère de Gunsbach où Louis sera pasteur pendant cinquante ans, il y décède en 1925. La carrière et la renommée d’Albert SCHWEITZER (1875-1965), pasteur-organiste-médecin, devenu prix Nobel de la Paix 1952 ne peut se retracer en quelques lignes. Nombre sont les livres qui lui ont été consacrés. Néanmoins, les jeunes générations montrent de plus en plus de lacunes !
On peut aussi citer le petit neveu d’Albert, Louis SCHWEITZER, ancien PDG de Renault, petit-fils du frère Paul (1882-1967), marié avec MUNSCH Emma (1886-1985) à Strasbourg en 1911. Né à Genève en 1942, Louis est le fils de Pierre Paul SCHWEITZER (1912-1994) et de Catherine Jeanne HATT (1919-2014).

Conrad KESSEL (1736-1818) est passementier (Knopfmacher) à Colmar où il épouse Anna Maria RAPP (1704-1804). Leur fils unique Johann Jacob, né à Colmar en 1772 et décédé à Strasbourg en 1847, devient général d’Empire. Sa carrière commence comme volontaire en 1792 et se termine en 1830. Peu de biographies lui sont consacrées ; dans une on peut y lire « est-il permis de croire que le général KESSEL a dû en partie son avancement dans l’armée à sa proche parenté avec le général RAPP, que NAPOLEON affectionnait d’une manière toute spéciale ».
En effet, il est le cousin germain du général Johannes (Jean) RAPP (1771-1821), aide de camp de NAPOLEON (voir arbre joint).

Johann Jacob KESSEL (1745-1834), syndic propriétaire, se marie à avec Maria Susanna GREINER en 1765 à Mittelwihr où naissent leurs six enfants. Leur avant-dernier Johann Conrad (1787-1839), propriétaire vigneron à Mittelwihr, épouse en premières noces Susanna Catharina MEYER (1791-1808) qui décède peu après la naissance de leur premièr enfant. Ce dernier, Jean Jacques (1808-1891), épicier aubergiste, se marie avec Marie Elisabeth WEREY (1811-1887) de Gunsbach. En 1848, le couple et leurs trois enfants émigrent pour les USA à bord du « Far West » depuis Le Havre pour New-York (arrivée le 29 avril 1848), pour s’installer à Wheeling (Cook Co, Illinois). Ils sont naturalisés le 7 avril 1855 à Chicago.
En secondes noces, en 1809, Johann Jacob KESSEL épouse Catharina Salome MÜLLER (1789-1869) de Mittelwihr. De leurs sept enfants, cinq meurent en bas-âge. Leur fille Anne Marie KESSEL(1815-1880) épouse Jean WITTNER (1811-1880) en 1809 à Mittelwihr : ce sont mes arrière-arrière-grands-parents et leur fille Anne Marie (1840-1933) épouse en 1860 à Mittelwihr Jean Jacques EMIG (1836-1916).


NOTA : Beaucoup de familles protestantes du vignoble et du Ried colmarien, originaires des villages protestants notamment des anciennes possessions du duché de Wurtemberg (notamment Beblenheim, Hunawihr, Riquewihr, Mittelwihr, Ribeauvillé, Ostheim, Jebsheim, Muntzenheim, Horbourg, Sundhoffen…) sont apparentées depuis les XVIe-XVIIe siècles.
Comme exemple, les cousins cités ci-dessous cousinent tous avec le sculpteur colmarien Auguste BARTHOLDI par sa mère Augusta Charlotte BEYSSER de Ribeauvillé (1801-1891) : 15 ancêtres communs avec Jacob KESSEL, 19 avec Albert SCHWEITZER, 49 avec Christian EMIG, et une parenté par alliance avec le général Johannes RAPP.


Références

Decker-Hauff H., 1975. Schwäbisches Geschlechterbuch, Band 9, Starke Verlag, Limburg an der Lahn, 69 ff.

Fendrich H., 2003. Die Volland in Markgröningen unter die Lupe genommen. Südwestdeutsche Blätter für Familien und Wappenkunde, 23 (9), 353-368.

Fick A., 1875. Die Göttinger Familiennamen. Schöning, Göttingen, 38 p. pdf

Otto-Günter L., 2003. Die Familie Volland und ihre Verbindungen zu Entzlin, Dreher und Lyher. Südwestdeutsche Blätter für Familien und Wappenkunde, 23 (9), 368-373.

Richter A., 2010. Abstammungslinien-Entwurf zur Grafik 3. http://www.goethe-genealogie.de/download/zur_grafik3_nk-linien.pdf. Consulté le 21 août 2014.

Wolff C., 1978. Les ancêtres d'Albert Schweitzer. Cercle généalogique d'Asace, Strasbourg, 92 p. 

Liens


  ♠ Pour une généalogie Kessel plus complète voir Geneanet   go.

  ♠ Pour une généalogie Binder plus complète voir Geneanet   go. - Elle comporte différentes familles - certaines sans lien de parenté entre elles.

  ♠ Pour une généalogie Emig plus complète voir Geneanet   go.

  ♠ Pour une généalogie Bartholdi plus complète voir Geneanet   go.