Famille Emig - Schürch

  Généalogie des SCHÜRCH de Sumiswald - dans les vallées vosgiennes d' Alsace -Lorraine

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Des Schürch dans les vallées vosgiennes (Alsace - Lorraine)

 

      L'apparition des Suisses de religion réformée dans la vallée de la Bruche correspond à une grande vague d'immigration qui prit naissance autour de l'année 1653, date charnière, qui vit l'échec du soulèvement des paysans suisses, notamment de ceux du canton de Berne. L'exode de milliers de personnes toucha tout naturellement la vallée rhénane, lieu de passage obligé vers le Nord, et se répandit jusque dans les vallées les plus reculées comme la vallée de la Bruche dès 1649. Leur isntallation au Ban de la Roche s'explique par des affinités d'ordre confessionnel grâce à l'esprit de tolérance bien connu des princes de Salm au XVIII° siècle - notamment à l'égard de leurs fermiers mennonites - dès 1686. Dans les "censes" (voir ci-dessous) du Hang, de Salm et des Quelles on trouve des Schürch au cours des années 1700, Autre motif est que les cantons de Saales et de Schirmeck étaient germaphones au sein d'une principauté francophone.

      L'édit d'expulsion pris en 1712 par Louis XIV n'a que des conséquences qui se limitent principalement à Sainte Marie aux Mines. La grosse communauté anabaptiste amish trop visible éclate et ses membres rejoignent souvent les censes vosgiennes plus discrètes. Ces dernières ne sont pas affectées par l'édit d'expulsion, comme pour la Principauté de Salm-Salm dépendant du duché de Lorraine, indépendant. Il y eu migration vers la Lorraine par les Vosges et les anabaptistes gagnèrent au nord les zones germanophones et au sud-est le pays de Darney et la Vôge.

Au sujet des Schürch...

      La famille d'André Schürch (Schirsch) (1720-1793), après la naissance de son premier enfant Catherine (Scherich) née en 1747 à Sainte Marie aux Mines, est venue s'installer à Bourg Bruche, où naîtra son fils Joseph (en 1750). Puis à La Broque Salm où ses autres enfants verront le jour.

      Une autre famille Schürch, celle de Jean Schürch (Schérich), né à Sainte Marie aux Mines, partit pour Bourg Bruche après la naissance de son dernier enfant, Anne Agnès en 1762. La femme de Jean mourut en 1764.

      Ces deux familles étaient des Amish, leurs parents ayant suivi le mennonite dissident Jakob Amman depuis la Suisse pour Sainte Marie aux Mines. Pour l'instant impossible de connaître leur provenance de Suisse. Etaient-il de Sumiswald ?

      De ces deux familles "Schürch", il n'y eu que peu de départs, connus à ce jour, pour les USA (voir la liste : Emigrants vers les USA).


 

Cimetière mennonite de Salm : tombe de "Marie Cheriche décédée 8 mai 1852 SALM à l'âge de 44 ans, épouse de J. H. Somer".
Elle est née le 16.7.1808 et Joseph Som(m)er le 24.4.1814, tous les deux à Salm, La Broque) - © Lemarquis
      Notez la présence d'un coeur sur la pierre tombale, une caractéristique de toutes les tombes du lieu.

Carte de localisation de deux familles Schürch en Alsace - Lorraine (XVIII-XIXe S.).


     La "cense" seigneuriale est à distinguer de la fermette cultivée pour leur propre compte par les villageois. La cense est le domaine propre du seigneur. Le censier n'est qu'un locataire, ce qui n'est pas forcément pour déplaire à des anabaptistes un peu marginaux, peu désireux d'investir dans une propriété terrienne qu'ils craignent de devoir fuir un jour, ou dont la transmission par héritage serait problématique du fait des lacunes de l'état-civil des familles (rappelons qu'à l'époque, seuls héritaient les enfants légitimes). Sa situation est plus précaire que celle du villageois ordinaire, même s'il y a des avantages : les censes seigneuriales sont vastes (pour l'époque : quelques hectares) et situées sur de bonnes terres ; sur chacune, il y a du travail pour plus d'une famille. Le "censier" (locataire en titre de la cense) est en fait un chef d'entreprise qui traite avec le seigneur et emploie des coreligionnaires comme commis de ferme. Si le bail ne lui est pas renouvelé, il cherche une autre cense, ou bien il se place comme commis chez un coreligionnaire ailleurs. Il y a donc une certaine gestion de la précarité, gestion que les villageois ordinaires ne pourraient ou ne voudraient mener aussi bien. Ce schéma économique éprouvé crée une convergence d'intérêts entre les pouvoirs laïques et les censiers anabaptistes, d'autant plus que leurs mœurs conservatrices et patriarcales leur gagnent plus d'un avocat dans les classes dirigeantes ; en conséquence, c'est en vain que le curé s'époumone à dénoncer la présence de ces "hérétiques", et c'est aussi en vain que les villageois du cru se plaignent de voir les emplois sur les censes leur échapper.