Famille Emig - Schürch

  Généalogie des SCHÜRCH de Sumiswald - de Suisse en Franche-Comté, en Alsace, en Lorraine

 

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        Emigration "française" :   Franche-Comté  -  Territoire de Belfort     -     Sundgau & Ried     -     Ried     -     Vallée de la Bruche     -     Généralités     |     eGen Schürch Alsace   |  

 

Des Schürch vers l'Alsace et la Franche-Comté

 

      L'immigration suisse en Alsace est bien connue notamment après la guerre de Trente-Ans dans les années 1650-1700. C'est une immigration pour raisons economiques pour repeupler l'Alsace qui avait perdu environ la moitié de ses habitants. La présence d'anabaptistes en Alsace est connue depuis le XVIe siècle et se manifeste dans les Archives Départementales (Haut-Rhin à Colmar ; Bas-Rhin à Strasbourg ; Doubs à Montbéliard). Selon GAMEO (Global Anabaptist Mennonite Encyclopedia Online), tous les mennonites alsaciens venus de Suisse seraient des amish, ceci s'est avéré faux.
      A cette époque, l'Alsace (incluant l'actuel département du Territoire de Belfort) et le comté de Montbéliard (Nord de la Franche-Comté) faisait partie de l'Empire Romain Germanique. Le grand morcellement de ces territoires a été hérité d’un long processus remontant au Moyen Âge, et de sa pérennité au-delà des traités de 1648. C’est qu’en vertu des traités de Westphalie le roi de France se substitue à l’empereur, en assumant les droits de souveraineté exercés jusque là par ce dernier et en laissant aux seigneurs alsaciens, personnages individuels ou entités collectives, les droits liés à la supériorité territoriale et consacrés par la tradition. Au milieu de cette mosaïque, à la fois politique et religieuse, une analyse des conditions de vie ne peut se faire que dans un contexte à la fois général et local.
      D'ailleurs, l’absence de frontières tranchées – même pour les frontières naturelles, très relatives, que constituent les Vosges et le Rhin – a permis à nombre de seigneuries et baillages de s’étendre au-delà et en-deçà de l’Alsace. Mosaïque territoriale et relativité d’une frontière politique qui fait davantage figure de zone d’influence que de véritable barrière : telles sont, avec une grande constance, les caractéristiques de l’Alsace politique sous l’Ancien Régime.

      Globalement, les Schürch, se répartissent dans trois régions distinctes [voir carte ci-contre] et l'origine de ces familles est elle aussi distincte, sans ancêtres communs. Les Schürch anabaptistes se sont principalement installés dans la région de Sainte-Marie-aux-Mines et mais aussi dans les environs de Montbéliard, le territoire de Belfort. Dans le Sundgau et le Territoire de Belfort, les beaucoup de Schürch étaient catholiques d'origine venant des cantons suisses de Solothurn et de Luzern.

      Deux familles Schürch originaire de Sumiswald, ont émigré d'abord vers Montbélliard et Exincourt, puis des descendants se sont distribués dans le Territoire de Belfort, le Sundgau et jusque dans le Ried colmarien (voir-dessous Sundgau et Ried).

      Au cours du milieu du XIXe siècle, des conditions économiques et climatiques entrainèrent une émigration alsacienne vers l'Algérie, la Russie et les USA. Plusieurs familles Schürch ont ainsi quittées la France.

Territoire de Belfort

      Cette région a été séparée de l'Alsace jusqu'en 1871 ; elle resta française, alors que l'Alsace redevenait allemande. Possession autrichienne, elle appartenait aux Habsbourg qui étaient catholiques. Ainsi, les registres paroissiaux (depuis 1690) ne sont que catholiques et les données manquent pour les quelques familles anabaptistes, protestantes et juives recensées. La conséquence est qu'il est impossible de connaître avec certitude les membres de ces familles et surtout leurs origines avant l'usage des registres civiles mis en place lors de la Révolution Française en 1792.

Au cours de ces années, on trouve une famille Schürk à Florimont, elle est anabaptiste et alliée aux Klopfenstein.

Une famille Schürch > Schurque > Surque, de religion catholique, vivait à Etueffont et dans les villages des environs. Jean-Claude Surque y était adjoint au maire pendant la période révolutionnaire. Leur arrivée pourrait se situer vers 1680-90 - Voir Archives Départementales du Territoire de Belfort (90).

      Selon divers sources, leur émigration se serait faite depuis le canton de Luzern (Lucerne) et le canton de Solothurn (Soleure). Ceci serait aussi valable pour les familles d'anabaptistes installées dans la Principauté de Monbéliard, terre protestante appartenant aux Wurtemberg. Une seule famille Schürch est mentionnée dans les Archives départementales, à Magny-Danigon vers 1723 [ce bourg est aujourd'hui dans le département de Haute-Saône] - que les recherches dans les registres n'ont pas permis de retrouver.

    Au moins une famille Schürch originaire de Sumiswald, a émigré d'abord vers Montbélliard, puis des descendants se sont distribués dans le Territoire de Belfort, le Sundgau et jusque dans le Ried colmarien (voir-dessous Sundgau et Ried).

Nota concernant la Principauté de Montbéliard - Les familles mennonites y sont arrivées au cours du XVIIIe sciècle. Plusieurs de ces familles comprenaient des membres calvinistes ; quelques-unes ont très vite fusionné avec les familles luthériennes du pays d'accueil ; d’autres sont parties dans les régions environnantes (Florimont, Altkirch, Mulhouse, Bâle, Belfort, Colmar, Montjoie, Vaufry, Maîche, St Hippolyte, etc.). Quelques-unes sont restées groupées en communauté ayant son siège à Montbéliard. - Voir fichier en.doc. -

Sundgau et Ried

      Le Sundgau, malgré la proximité de Mulhouse et de Bâle, n'est pas touché par la Réforme et reste fidèle à la religion catholique de ses maîtres, les Habsbourg. Le début du XVIe siècle est marqué par la Guerre des Paysans ou Rustauds qui s'achève par les traités de Westphalie. En décembre 1659, le roi de France accorde à Mazarin le comté de Ferrette. La France va mener une politique de repeuplement du Sundgau en favorisant l'installation de ses sujets et d'étrangers, surtout des Suisses. A noter que le Sundgau couvre toute la partie Est de l'actuel Territoire de Belfort, qui est de langue francophone.

      Plusieurs familles de Schürch > Schurk > Schirch, de religion catholique, s'installent dans le Sundgau, principalement dans la partie ouest, vallonnée et couverte de forêts.

      Dans la partie est, arrive Valentin (né en 1653), descendant des Schürch de Sumiswad, son père est Jacob et sa mère Anna Muhmenthaler. Il faudra attendre la mise en ligne des Archives départementales du Haut-Rhin (68) pour pousuivre les recherches (à moins de se déplacer à Colmar pour les consultations).

      Elle aussi originaire de Sumiswald, une autre famille Schürch a émigré d'abord vers Montbélliard et Exincourt, puis des descendants se sont distribués dans le Territoire de Belfort, le Sundgau et jusque dans le Ried colmarien.

Sainte-Marie-aux-Mines - Vallée de la Bruche - Lorraine

      Après la Guerre de Trente Ans en 1648, à Ribeauvillé (Rappschwihr en alsacien, Rappoltsweiler en allemand), Rappoltstein (Ribeaupierre), un noble de confession protestante, accueille, sur ses terres ravagées par la guerre, une soixantaine de familles amish qui viennent d'être expulsées de l'Emmental (canton de Berne). Ils s'installent aux alentours de Sainte-Marie-aux-Mines dans les montagnes vosgiennes en 1694. Elles bénéficient d'une exemption militaire en échange de la promesse de ne pas faire de prosélytisme. Ces familles ont choisi de suivre l'évêque Jakob Amman, en 1693, lorsque celui-ci fonde une communauté mennonite dissidente, se voulant plus rigoureuse et plus fidèle aux principes fondateurs : les "Amish".
      En 1712, Louis XIV tente de déplacer ces immigrants amish de langue suisse allemande. La majorité d'entre eux se réfugient dans la vallée de la Bruche et dans la principauté de Salm-Salm, dépendant du duché de Lorraine, tandis que d'autres choisissent de rester autour de Sainte-Marie-aux-Mines, malgré l'ordre d'expulsion.
      Lors de l'avènement de Louis XV, certains réfugiés en profitent pour revenir en Alsace. Montbéliard passe sous le contrôle français lors de la Révolution française, et en 1792, les amish bénéficient à nouveau d'une exemption de service militaire. Ils perdent ce privilège au début du XIXe siècle, sous l'autorité de Napoléon Bonaparte. Les amish de France se rendent compte de leurs difficultés à concilier leur mode de vie avec celui de leurs compatriotes, et quittent massivement le pays pour s'installer aux États-Unis d'Amérique et au Canada. Ceux qui choisissent de rester en France doivent accepter la conscription.
      En 1907, les Amish de France, en désarroi, quitte le mot « Amish » et le remplacent par « Mennonite », pour marquer leur réunification avec les Mennonites. Aujourd'hui l'Eglise Mennonite fait partie de la Fédération Protestante Française.

      Parmi ces familles amish, deux se nomment Schürch, mais aucun lien avec ceux de Sumiswald n'a pu être établi. Les recherches généalogiques en cours montrent que les différentes familles anabaptistes ont conservées d'étroites relations entre elles, notamment en Haute-Alsace. Ainsi, les Schürch (originaires de Sumiswald) ont eux des enfants se mariant avec des enfants anabaptistes du Sundgau et de Sainte-Marie-aux-Mines et vallée de la Bruche (voir-dessus Sundgau et Ried).

Et en savoir plus...

Muttersholtz - Ried

     Muttersholtz et ses environs appartenaient à des seigneurs protestants. Des Schürch venus de Bätterkinden (Canton de Berne, Suisse) se sont installés là au tout début du XVIIIe siècle - ils se nomment aujourd'hui Schirck. Des descendants y habitent toujours, d'autres ont émigré en Algérie et aux USA. Ils se sont apparentés par mariage et relations familiales à des lignées Sturm et Baltzinger de ma famille paternelle.

Et en savoir plus...

Nota : avec le développement des recherches généalogiques, la connaissance sur l'émigration de Schürch originaires de Sumiswald (comme Burgerort) vers la Franche-Comté et l'Alsace et la distribution de leurs descendants devient de plus en plus précise.

Carte de localisation des Schürch en Franche-Comté, Alsace et Lorraine
jusqu'au début du XXe siècle.

 


Liens et documentation anabaptistes:

  Schürch de Sumiswald sur site emig
Geneanet   Schürch de Sumiswald sur site abouisson

Toutes mes familles suisses sont protestantes, principalement réformées (zwinglianistes), mais aussi quelques familles sont devenues des Täufer (anabaptistes, aujourd'hui amish ou mennonites), la plupart ont été chassées du canton de Berne ou ont fui vers l'Alsace, le comté de Montbéliard ou/et les USA.
Rappellons que l'émigration pour motif religieux ne fut pas le plus fréquent, mais celui le plus couramment mis en exergue. Au sein des membres ayant le même patronyme suisse, certains ont émigré pour raisons économiques ou politiques, d'autres pour motifs religieux.

A l’occasion de la "Nuit des religions" du 11 novembre 2017, le canton de Berne a demandé pardon et présenté les excuses de l’Etat pour les souffrances que les autorités bernoises ont infligées aux Anabaptistes (Täuferinnen und Täufer) au fil des siècles.

Un petit dossier en allemand et en français de cet évènement :