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Les EMIG à Marseille et sa région :   les racines - dans le contexte historico-politique du "Reich" allemand

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Figure ci-contre : Distribution des principales langues allemandes (Deutsch) et leurs fron-tières linguistiques : toutes sont toujours valides aujourd’hui - in Emig (2011).


 

Figure ci-dessus : Carte des possessions protestantes en Alsace au début du XVIIIe siècle [modifiée, d’après Wolfram et Gley (1931), Böhler (1994) et Lemaître (2009)] - in Emig (2011).

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L’Alsace - dans la longue tradition historico-politique germanique

L’Alsace appartenait au Ier Reich (962-1806) ou Heiligen Römischen Reiches Deutscher Nation (Saint-Empire romain germaniqu) dès sa fondation. Ce Reich était une sorte de confédération puisque l’Allemagne de cette époque était formée d’une multitude de petits royaumes, grands duchés dans lesquels le monarque régnant avait le pouvoir et faisait la politique qui lui convenait. Le Kaiser [l’empereur] était théoriquement élu, mais chaque état était totalement indépendant avec des différences linguistiques et culturelles importantes entre le nord et le sud, l’est et l’ouest. Ainsi, chaque région a son propre dialecte allemand. Ce n’est qu’au moment de la Réforme que le Hochdeutsch [Haut-Allemand] est devenu la langue véhiculaire pour tous les pays germanophones. C'est la langue littéraire utilisée par Martin Luther pour traduire la Bible : la culture que propage le Hochdeutsch est une culture « évangélique », au sens allemand du terme, c'est-à-dire protestante, confortée par le poids des intellectuels protestants dans la vie culturelle allemande. C'est d'abord une langue d'hérétiques pour les catholiques allemands.

Parce que l’alliance entre les pays de langue allemande s’est faite pour se défendre contre une «agression étrangère», celle de la France en 1870, que la fondation du IIe Reich a été possible. Cette première véritable unification de l’Allemagne a eu lieu le 18 janvier 1871 dans la Galerie de Glaces de Versailles, lorsque le Roi de Prusse, devient officiellement Empe-reur des Allemands. Là, aussi l’Alsace y participe en réintégrant le Reich, qu’elle avait quitté au moment de la Révolution française a. Le choix de la Galerie de Glaces à Versailles est d’une grande importance : c’est le symbole de l’unité française réalisée par Louis XIV et le symbole de l’unité allemande faite contre l’ennemi français. Le IIe Reich est un État fédéral comprenant vingt-cinq États. Chacun conserve un gouvernement souverain dans tous les domaines qui ne relèvent pas de la compétence du Reich (droits du citoyen, tarification douanière, circulation, justice, questions militaires, liberté de la presse...). C'est le Volksturm [communauté ethnique] qui fonde la cohésion nationale ; il est défini par les éléments d’une « germanité » originelle inscrite dans la langue et les coutumes ancestrales.

Après la Première Guerre mondiale, la République de Weimar fonctionne également sur un mode fédéral. La seule période où le fédéralisme n’existe plus est le IIIe Reich sous Hitler. En 1949, lors de la fondation de la République Fédérale d'Allemagne, les Alliés ont souhaité que l’Allemagne reprenne une forme fédérale, probablement dans le but de l’affaiblir. Or, ce fédéralisme correspondait tout-à-fait à la longue tradition germanique : aujourd’hui encore, les Bavarois, par exemple, ne se reconnaissent pas du tout dans les habitudes des Rhénans ou des Prussiens. La notion de Heimat [pays natal] est une notion qui est encore très fortement marquée dans les pays de langue allemande : La Heimat est nettement plus importante que le Vaterland [patrie]. L’Alsace elle-même n’y échappe pas, tant elle est fondamentalement germanique, souvent "à l'insu de son plein gré" b.

L'Allemand est un individualiste grégaire et le Français un grégaire individualiste

Aujourd’hui encore, dans une République Française totalement centralisé sur un pouvoir central à Paris, avec différentes régions pratiquement sans aucune autonomie puisque les décisions sont prises à Paris et ce par la volonté de tous les rois de France depuis Hugues Capet en 987. L’Alsace continue à espérer vivre dans un état fédéral go – la décision prise en 2011 de réunir les conseils généraux et le conseil régional devait conduire à plus d’autonomie, déjà bien marquée par les particularismes politiques et culturel alsaciens ; mais le peuple alsacien répondit non au référendum de 2013. En 2016, suite à la recomposition des régions françaises, l'Alsace entre dans la région nommée Alsace - Champagne-Ardenne - Lorraine.

a Rappelons que, suite aux traités de Westphalie (1648), entérinant l’annexion de la Haute-Alsace par la France,  puis du traité de Ryswick (1697), Louis XIV annexe définitivement les quatre-cinquième de l'Alsace (Strasbourg, villes de la Décapole, Basse-Alsace), les rois de France, notamment Louis XIV, n’ont jamais pu, à cause du contrôle strict par le Kaiser des accords de ces traités, outre passer les décisions de ce traité. Ainsi les princes et seigneurs allemands et alsaciens maintiennent tous leurs droits dans leurs possessions et ont séance et suffrage à la diète d'Empire (allemand), et ce jusqu’en 1789.

b Et aussi cette citation de Churchill disant: "- En Allemagne, tout est interdit, sauf ce qui est permis. - En France, tout est permis, même ce qui est interdit."


Quelques documents à consulter :


L'origine des membres de la lignée directe sur l'éventail généalogique est soit alémanique, soit francique. Géographiquement, les ancêtres sont alsaciens, suisses, allemands, néerlandais. Dans ces familles, aucun mariage avec des français n'a été constaté. Etendus à l'ensemble des familles, ces mariages avant 1945 se comptent sur les doigts d'une main.

Ainsi, leur Histoire est celle de l'Allemagne et la part de l'Histoire de France, loin de la traditionnelle leçon "nos ancêtres les Gaulois", ne commence qu'à la Révolution française. En effet, ces familles vivaient toutes sur des possessions de princes et seigneurs protestants allemands, principalement ceux du prince de Wurtemberg. Et malgré l'annexion par Louis XIV et sa politique anti-protestante, les nobles possédants des terres en Alsace gardaient leurs prérogatives selon les Traités de Westphalie (1648).

L'Alsace, de tout son passé, n'aura été française que pendant une centaine d'années à la fin de la dernière guerre mondiale. Ceci explique combien la culture et la langue allemande et suisse sont restées les fondements traditionnels dans mes familles, jusqu'à nos jours.

Chronologie : Histoire allemande de l'Alsace

Zeittafel: Deutsche Geschichte vom Elsaß

[partiellement d'après LSA, University of Michigan - modifié]    
Reich (**)
Ve - Ier siècles av. J.-C.
L'Alsace était divisée entre deux tribus celtes : les Séquanes au Sud et les Médiomatriques au Nord.
Heilige Römische Reich Deutscher Nation

[Saint-Empire romain de la Nation allemande]

962 - 1806

avant 1400

après 1400

72 av. J.-C.
Des peuples germaniques, composés majoritairement des Suèves et des Triboques, traversent le Rhin et s'installent en Alsace (estimés entre 137 000 et 275 000 individus).
58 av. J.-C.
Lors de la bataille de l'Ochsenfeld, des Suèves menés par leur chef Arioviste furent battus par les Romains commandés par Jules César, général et proconsul des Gaules. Arioviste réussit à s'enfuir de l'autre côté du Rhin. Ainsi, l'Alsace est annexée par la république romaine, puis devient une province de l'empire romain en 27 av. J.-C. La langue latine supplante progressivement les langues celtes.
212 après J.-C
Tous les hommes libres obtiennent la citoyenneté romaine grâce à l'édit de l'empereur Caracalla (188-217).
seconde moitié du IVe siècle
De nombreux Germains, notamment des Alamans, s'installèrent progressivement dans l'Alsace romaine.
milieu du Ve siècle
Les Romains finissent par être définitivement chassés de la plaine d'Alsace par les Alamans qui y répandent leur culture, leur langue (alémanique, devenue l'alsacien) et construisent des villes. Ils mettent en place une confédération de petits royaumes appelée Royaume d'Alémanie.
496
Les Francs de Chlodwig I. (Clovis) battent les Alamans à Tolbiac, mais ces derniers restent les plus nombreux en Alsace mais sont inféodés aux Francs.
511
L'Alsace est rattachée au royaume franc d'Austrasien (Austrasie).
Etichon-Adalric est le fondateur de la dynastie des Étichonides et le père de sainte Odile, patronne de l'Alsace. Il est peut-être aussi l'ancêtre de la famille des Habsbourg, de la famille des Eguisheim-Dabo, de la Maison de Bade, de la Maison de Lorraine ainsi que des comtes de Flandres.
742-814
Karl der Große [= Charlemagne]: "Römischer und römisch-deutscher Kaiser" bringt das "fränkische Reich" zu seiner größten Ausdehnung; 800 wird er in Rom zum "römischen Kaiser" gekrönt.
842
Serments de Strasbourg.
843
Teilung des Fränkischen Reiches entlang des Rheins, in Ostfranken und Westfranken. Aus Westfranken wird Frankreich; aus Ostfranken wird das "Heilige römische Reich deutscher Nation". L'Alsace fait désormais partie du Mittelreich ou Lotharii Regnum (Francie médiane) de l'empereur Lothar (Lothaire).
855
Traité de Prüm : l'Alsace revient à Lothaire II et fait partie de la Lotharingie qui est partagée entre Karl II. der Kahle (Charles le Chauve) et Ludwig II. der Deutsche (Louis le Germanique). L'Alsace est rattachée à l'Ostfrankenreich (Francie orientale) de Louis II (agrandi au traité de Meerssen).
917
Naissance en Alsace de Gontran le Riche, plus vieil ancêtre confirmé de la dynastie des Habsbourg.
962-1806
"Heiliges römisches Reich deutscher Nation". Otto I wird 962 zum ersten Kaiser des Heiligen Römischen Reiches; Franz II gibt 1806 den Titel auf, der völlig bedeutungslos geworden ist. L'alsace en fait partie.
1096-1270
Die Kreuzzüge, in denen das Heilige römische Reich eine große Rolle spielte.
1122
Wormser Konkordat: ein Kompromiss zwischen dem deutschen Kaiser und dem Papst darüber, wie Bischöfe eingesetzt werden.
1152-1190
Friedrich I Barbarossa: deutscher Kaiser, viele Konflikte mit den Päpsten; ertrank 1190 beim dritten Kreuzzug in Kleinasien.
1212-1250
Friedrich II: Enkel von Friedrich Barbarossa. Nach seinem Tod verloren die deutschen Kaiser endgültig den Machtkampf mit den Päpsten, und das Kaiserreich zerfiel /zersplitterte zunehmend in kleinere Königreiche und weltliche und geistliche Fürstentümer.
1226-1283
Der deutsche Orden (ein geistlicher Ritterorden) erobert Preußen. Bis zu seiner Niederlage 1410 gegen Polen-Litauen dehnte der deutsche Orden das deutsche Reich weiter nach Osten aus.
1500-1558
Karl V: der letzte mächtige Kaiser des Heiligen Römischen Reiches; kämpfte gegen Luther und die Reformation. Für ihn war Deutschland nur ein Nebenland seines burgundisch/spanischen Weltreichs.
1517
Martin Luthers (1483-1546) 95 Thesen gegen den Ablass.
1534
Luther beendet seine Übersetzung der Bibel ins Deutsche.
1555
Der Augsburger Religionsfriede: Karl V. verliert den Kampf gegen den Protestantismus, und muss den deutschen Fürsten erlauben, für ihre Gebiete zwischen Protestantismus und Katholizismus zu entscheiden. Die meisten Deutschen wählen den Protestantismus, zum Teil als Reaktion auf die Ausnutzung [=exploitation] der Deutschen durch die römische Kirche.
1618-1648
Der Dreißigjährige Krieg. Der Krieg begann als Glaubenskrieg und endete als Machtkampf zwischen den katholischen Habsburger Kaisern (die Spanien, Österreich, Böhmen, große Teile von Italien und die südlichen Niederlande kontrollierten, und mit Hilfe der katholischen deutschen Fürsten um ihre traditionelle Macht in Deutschland kämpften) und den protestantischen Franzosen und Schweden (mit Hilfe der protestantischen deutschen Fürsten). Resultate des Krieges:
  • Religionsfreiheit
  • Zerstörung und Verarmung der deutschen Länder Frankreich wird das mächtigste Land in Europa
  • Das Heilige Römische Reich wird eine bedeutungslose Formalität
1683-1714
In den Kriegen gegen die Türken und im spanischen Erbfolgekrieg wird Österreich zur europäischen Großmacht.
1756-1763
Der Siebenjährige Krieg. Preußen unter Friedrich dem Großen (1712-1786) wird zur europäischen Großmacht, und gewinnt ab jetzt zunehmend den Kampf gegen Österreich um Macht und Einfluss in Deutschland.
1772-1795
Die drei Teilungen Polens. Preußen, Österreich und Russland teilen Polen unter sich auf.
1789
Die französische Revolution.

1789 - 1870  Première période française

Deutscher Bund

[Confédération germanique]

1815 - 1866

1875
Gründung der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands (SPD) aus dem Zusammenschluss der Sozialdemokratischen Arbeiterpartei und dem Allgemeinen Deutschen Arbeiterverein.
Deutsches Reich

[Reich allemand]

1871 - 1945

aussi nommé

Deutschland

 

1933-1945

1878
Bismarcks "Sozialistengesetz" verbietet (nach zwei Attentatsversuchen gegen Kaiser Wilhelm) alle sozialistischen und kommunistischen Vereine, aber nicht die SPD. Das Gesetz wurde bis 1890 verlängert, ohne zu verhindern, dass die SPD immer mächtiger wurde.
1883/1889
Bismarck begründet die Sozialversicherung. Das erleichtert aber kaum die Spannung zwischen seiner konservativen Regierung und der Arbeiterklasse.
1888
Dreikaiserjahr: Wilhelm I und sein Nachfolger Friedrich III sterben im gleichen Jahr. Der 29 Jahre alte Wilhelm II wird Kaiser.
1890
Wilhelm II entlässt Bismarck und beginnt seine imperialistische Politik
1904, 1907
England, Frankreich und Russland formen eine "Entente" gegen den "Dreibund" von Deutschland, Österreich- Ungarn und Italien.
1914-1918
Erster Weltkrieg, ausgelöst von der Ermordung des österreichisch-ungarischen Erzherzogs Franz Ferdinand in Sarajevo. Im Vertrag von Versailles verliert Deutschland seine Kolonien, sowie Elsass-Lothringen an Frankreich und Posen und den "polnischen Korridor" an Polen; Deutschland muss erhebliche Reparationen zahlen, und das Rheinland demilitarisieren. (Immer noch ein großzügigerer Friedensvertrag als der Frieden von Brest-Litovsk, den Deutschland im März 1918 mit Russland geschlossen hatte. Russland sollte viel Land an Deutschland abgeben, die Unabhängikeit Polens, Georgiens und der Ukraine anerkennen, und erhebliche Reparationen an Deutschland zahlen.)
9.11.1918
Die Novemberrevolution setzt Kaiser Wilhelm ab, ohne nennenswerten Widerstand des Militärs, das erkannt hatte, dass der Krieg verloren war, und wusste, dass die Entente nur mit einer demokratischen Regierung verhandeln wollte.
Am 11.11.1918 endet der Krieg. Den Machtkampf zwischen gemäßigten [=moderate] und linksradikalen Kräften gewinnen relativ leicht die gemäßigten Kräfte, durch die Unterstützung des Militärs.

1918 - 1939  Deuxième période française

1939-1945
Période allemande

Depuis 1945  Troisième période française

Bundesrepublik Deutschland

[République fédérale d'Allemagne]

Le blason de l'Allemagne est celui du Saint-Empire romain germanique, hérité de l'empire romain : « d'or, à l'aigle (mono- ou bicéphale) de sable, armée, béquée et lampassée de gueules. » Il contient les couleurs du drapeau national : noir - rouge - or.

Le roi franc (allemand) Charlemagne, après avoir été couronné empereur à Rome, voulait que l'ancien Empire romain ressuscite sous contrôle germanique et son but faire d'Aachen (Aix-la-Chapelle) la nouvelle capitale de l'empire. L'emblème sera l'aigle comme pour l'Empire roman', car il symbolise l'immortalité, le courage, la vision et le pouvoir. Regardant directement le soleil, il est une métaphore de la montée dans le ciel et le salut de l'âme quand on vole haut. Chez les Romains il était connecté avec Jupiter et chez les tribus germaniques avec Odin.
Les couleurs traditionnelles romaines noirs et or sont devenues les nouvelles couleurs de l'Empire franc et de sa capitale Aachen - voir armoiries anciennes ci-contre).
Ultérieurement, selon la vieille coutume allemande, l'Empire romain d'Occident est réparti en trois royaumes. Le titre d'empereur est allé au royaume des Francs-Orient devenant ainsi le "Saint-Empire romain de la nation allemande". Aachen en est la capitale où les empereurs allemands seront couronnés pendant 600 ans.

Sur le site du Musée de l'Armée (Paris), on peut lire :
C'est à cette aigle antique, majestueuse et stylisée, que Napoléon souhaite se référer, et non à l'aigle héraldique présente sur les armes du Saint-Empire romain germanique, de l'empire russe ou du royaume de Prusse. Le choix de Napoléon se fait aussi en souvenir de l'aigle de Charlemagne auquel il souhaite se rattacher pour asseoir son nouveau régime.
Et pourtant, c'est bien cet aigle de Charlemagne, qui figure dans les armoiries de l'Allemagne depuis plus d'un millénaire, et de même pour celui de la Prusse qui n'est qu'un des royaumes du "Saint-Empire romain de la Nation allemande". Aurait-on oublié que Charlemagne était l'empereur germain à l'origine de la nation allemande et occupait la "France" ?
Quant à l'aigle bicéphale russe, il fut repris de l'empire byzantin (dynastie des Paléologues) et symbolise l'église orthodoxe dont le Saint-Synode est situé à Moscou.


(**)   Le terme Reich, intraduisible précisément en français, fait référence au Saint-Empire romain germanique (Heiliges Römisches Reich….), vaste ensemble qui rassembla de 962 à 1806 de nombreux états, royaumes, principautés ou duchés, sous la couronne d’un empereur élu. L'Alsace en fit partie jusqu'à la Révolution française pour les sujets habitant dans les possessions alsaciennes des princes allemands, malgré l'annexion française (ce fut le cas de mes ancêtres). Le mot Reich peut aussi se traduire par Bund (= conférération) : en effet, depuis un millénaire l'Allemagne a toujours été une conféréation d'abord de royaumes, principautés, duchés, puis d'états-nations.
Le Deutsches Reich a souvent eu diverses dénominations par les historiens mais jamais officiellement, comme 2e Reich afin de le placer dans la continuité du Saint Empire, ou encore certaines périodes comme république de Weimar ou encore Großdeutsches Reich ou 3e Reich du temps des nazis.

Le terme germain ou germanique est improprement utilisé en français, car il s'applique aux peuples et langues germaniques englobant notamment, outre l'Allemagne, les pays scandinaves, l'Angleterre, la Suisse, l'Autriche...


Le concept de Nation fait l'objet de débats depuis le retour de l'Alsace à l'Allemagne en 1871, jusqu'à nos jours. Un des premiers fut Ernest Renan (1823-1892) dans sa querelle avec David Strauss (1808-1874), théologien pangermaniste (Muret, 1915). Puis, lors de sa conférence « Qu'est-ce qu'une nation ? » prononcée le 11 mars 1882 à la Sorbonne (Paris), il se positionne contre une vision allemande de la nation, dans le contexte de la défaite de 1870. Il formule l'idée qu'une nation repose à la fois sur un héritage passé, qu'il s'agit d'honorer, et sur la volonté présente de le perpétuer :

« Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n’en font qu’une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L’une est dans le passé, l’autre dans le présent. L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs ; l’autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis. »

En bref, la nation est basée sur deux concepts distincts : en France, centralisme avec le droit du sol et la laïcité à la française, et, en Allemagne fédéralisme avec le droit du sang et partiellement sur le droit du sol, et les religions en font partie.

  • Plusieurs des œuvres de ce grand écrivain, moraliste ironique et controversé, se lisent encore avec plaisir, et certaines restent essentielles — sous réserve de les replacer dans le contexte de leur époque: voir Lexilogos.

  • Muret M. (1915). La querelle de Strauss et Renan 1870-1871 (Lettres inédites). Revue des Deux Mondes, 30, 186-205.

 


Un petit clin d'œil à la politique "géographique" avec ce dessin humoristique de Phil (publié avec son aimable autorisation). En effet, les Alsaciens votent en grande majorité à droite depuis des décennies - et, dans ma jeunesse, mon père disait avec un grand sourire : "les catholiques votent à droite, les protestants socialiste et les instituteurs communiste !". Quant à l'ancrage géographique de l'Alsace... l'index gauche y pointe.


“Ni Français, ni Prussien, Alsacien suis”

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