Famille Emig

Les EMIG à Marseille et sa région :   onomastique alsacienne

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Onomastique alsacienne

 


Définition :
ONOMASTIQUE subst. fém. : Discipline ayant pour objet l'étude des noms propres et comprenant diverses branches, telles que l'anthroponymie, l'hydronymie et la toponymie. Étymologie : 1578 onomastic subst. «explication du sens des mots». [ATILF]

• Anthroponymie
= branche de l'onomastique ayant pour objet l'étude des noms de personnes.

• Toponymie
= ensemble, système formé par les noms de lieux d'une région ou d'une langue.
= étude linguistique des noms de lieux, d'une région ou d'une langue, du point de vue de leur origine, de leur transformation, ou de leur signification.

Page en cours de développement

Baltzinger
Barthold/Berthold > Bartholdi
Emch > Emig
Friedrich
Hauser - Hausser - Huser - Husser
Höchstetter
Kessel
Öhlert > Oehlert
Preiss - Priss
Schürch
Sturm
Vix / Veith/ Fix
Walch / Wahl
Wickersheim
Wohlhüter

 

Des patronymes alsaciens (allemands)

 

Seuls des patronymes familiaux seront traités dans cette page. Néanmoins, quelques remarques générales sont nécessaires sur les noms alsaciens, car bien des auteurs ignorant l'allemand ou pensant le connaître ont conduit des particularités au général, tant orthographiques, typographiques, linguistiques que culturelles.

Les patronymes alsaciens, à l'exception des noms en welsch, sont en allemand, et en différentes écritures gothiques jusqu'en 1941. Ce qui signifie que l'Umlaut (distinct du tréma français) est en usage. Certes, les périodes françaises ont parfois conduit à des modifications, ainsi les patronymes allemands contenant des Umlaut (ä, ö, ü) sont souvent imprimés sous la forme de digrammes, soit ae, oe, ue, en l'absence des caractères d'imprimerie ou de clavier nécessaires. C’est une orthographe archaïsante que l'on trouve encore dans les pays ne disposant des caractères à diacritiques dans leur imprimerie ! Comme en France, USA, Canada... Aujourd'hui, les digrammes doivent être remplacés par des lettres à Umlaut : on ne doit plus écrire Schuerch mais Schürch, Wohlhueter mais Wohlhüter - en aucun cas Schurch ni Wohlhuter. Avec un ordinateur, cela ne pose aucun problème, alors respectons les patronymes originaux de nos ancêtres.
Dans nos familles, les changements ou variations patronymiques sont exceptionnels (voir ci-dessous) ; néanmoins, des variants pour un même nom existent selon qu'il est écrit en allemand ou en alsacien (voir par ex. Preiss ou Hausser).

En Alsace, le décret du 20 septembre 1792, appliqué dès 1793, transfère aux municipalités les registres des curés et les charges d’enregistrer désormais les naissances, mariages et décès des citoyens. Les registres paroissiaux sont clos à la fin de 1792 ou en janvier 1793 par le maire ou le secrétaire greffier de la commune et transférés à la mairie, sauf exception. Les registres d'état-cicil continuent à être en allemand, sauf dans les grandes villes, jusqu'à environ 1806. Il faut souligner qu'en Suisse, il faudra attendre que Napoléon Ier transfère l'Etat-civil des Eglises aux structures laïques en créant la Confédération Helvétique, pour fixer définitivement les patronymes.
Au Moyen-Âge, chaque enfant recevait un "nom de baptême" : c'était son nom véritable, celui qui identifiait sa personne. Aussi, pour le désigner entre plusieurs portant le même, on ajoutait "fils ou fille de ..." selon construction utilisant le génitif. A partir du XVe siècle, un long processus de fixation des noms de famille s'amorce. Ce Beiname devient donc le patronyme, mais le nom de baptême restera primordial jusqu'au XVIIe siècle - mais ceci est encore en cours dans les pays anglo-saxons (given name/christian name vs surname/last name/family name), et, comme dans les autres pays germanophones, le(s) prénom(s) précède(nt) le nom de famille. Plus sur les noms et prénoms en Alsace...
Ce qui vaut pour la généalogie vaut pour l'onomastique, pénétrer en Alsace implique une excellente connaissance linguistique, culturelle, historique de cette région et des avoisinantes allemandes. Si l'Alsace a toujours été une terre d'immigration, ses habitants étant de langue allemande, sauf dans quelques zones welsches (romanophones - lorrain) dans les Vosges, cette langue est restée un handicap à l'arrivée de familles romanophones, notamment françaises et ce jusqu'au milieu du XXe siècle.

Les noms de famille sont d'un usage général en Alsace au XVIe siècle dans les familles catholiques et protestantes - tableaux ci-dessous d’après Denis (1977).

Les plus nombreux ont pour origine des prénoms qui se transmettaient de père en fils. Il s'agit de prénoms courants de forme allemandes :

Prénom devenu Nom de famille Traduction en français
Diebold Thiébault ou Thibaud
Claus ou Clauss Nicolas
Mathias Matthieu
Bernhardt ou Bernhard ou Bernard Bernard
Peter Pierre
Walter ou Walther Gauthier

Certains traduisent un titre, une position sociale :

Ackermann laboureur
Burger bourgeois
Edel serviteur d'un seigneur
Frey libre
Herrmann soldat
Meister maître
Reichmann homme riche
Schulze intendant, maire

D'autres se rapportent à la nature :

Haas lièvre
Stein pierre
Stern étoile
Wolff loup

Un grand nombre se réfère à un lieu d'origine, reflet des migrations qui ont précédé l'adoption de ces patronymes. Ce sont par exemple :

Böhm originaire de Bohême
Schweitzer originaire de Suisse

Un grand nombre de patronymes ont pour origine des noms de métiers :

Métier devenu Nom de famille Traduction en français
Bauer paysan
Binder tonnelier
Eichhacker coupeur de chênes
Fischer pêcheur
Gartner jardinier
Kammerer intendant, trésorier
Kaufmann marchand, négociant
Metzger boucher
Matter fabricant de paillassons
Müller meunier
Schäffer berger
Schneider tailleur d’habits
Schuler étudiant
Vogler oiseleur
Weber tisserand
Zimmermann charpentier
Bader chirurgien, kinésithérapeute
Kieffer tonnelier

D’autres à la limite des sobriquets qui constituent le registre des noms de famille les plus nombreux et les plus pittoresques :

Dürr frêle
Frauenlob éloge des femmes
Kaiser ou Kayser empereur
Klein petit
Lang long
Schlecht mauvais
Selig heureux
Stolz fier

Ci-dessous, des descriptions plus complètes de divers noms de famille - non cités dans les tableaux ci-dessus.



Baltzinger

Le nom de famille Baltzinger, parfois écrit Balzinger, a une origine encore inconnue, mais on peut arguer qu'il aurait pu désigner un originaire du village voisin de Baltzenheim, situé à sept kilomètres dans l'Est de Muntzenheim, à proximité du Rhin. Ceci accrédite aussi la présence du T dans le patronyme et ce qui amène à penser que c'est une erreur d'écriture qui est à l'origine de la suppression du T.
C'est à Muntzenheim que l'on trouve nos plus anciens ascendants Baltzinger. Ceci n'accrédite pas les suppositions souvent émises d'une origine d'un autre bourg, comme Balzingen (alias Baltzingen) au Luxembourg.


Berthold > Bartholdi

Devenu Bartholdi en Alsace, le nom Berthold est connu dès le Xe siècle dans le Nord de l'Allemagne (en Prusse) et il en existe de nombreuses variations patronymiques, telles que Berchthold, Barthold, Bartholdt, Bartoldi, Bartholdy, Bartholdie, Bartheld.
Les origines familiales du sculpteur Auguste Bartholdi sont rarement évoquées dans ses nombreuses biographies, probablement parce que méconnues. Veit Barthold est né vers 1578 à Monheim am Rhein (Rhénanie-du-Nord - Westphalie), situé entre Düsseldorf et Cologne en Allemagne. Après des études de théologie, il devient diacre à Heideck (Bavière) et se marie en 1600 avec Walburga Döderle à Weißenburg im Nordgau (aujourd’hui Weißenburg in Bayern). Puis, il est nommé pasteur luthérien à Aberzhausen (canton de Heideck) à une vingtaine de km de Weissenburg.
Un de ses petits-fils Johann Georg deviendra Bartholdi : il est né vers 1673 à Höringhausen et décédé le 7 juillet 1733 à Wissembourg. Il fait ses études de théologie à Strasbourg et devient pasteur à Soultz-sous-Forêts de 1707 à 1713, puis à Wissembourg (Bas-Rhin, Alsace) de 1713 à 1733. Il se marie le 7 août 1703 à Wissembourg avec Maria Margaretha Schönlaub (1654-1711), dont il est le troisième époux ; elle est originaire de Landau in Pfalz (Palatinat) et décède à Soultz-sous-Forêts (Bas-Rhin, Alsace) le 12 avril 1711. Ensuite, il se remarie le 12 janvier 1712 à Wissembourg avec Maria Dorothea Boell ou Böll (1691-1737), fille de Johann Caspar Boell (~1643-1711) [4] et d'Eva Magdalena Lehr. Huit enfants naissent, tous à Wissembourg. Lire Emig (2014) ...et... notre cousinage.


Emch > Emig

Le patronyme Emch - Emmich - Emich - Emig provient du prénom Emmerich dont il est une contraction. Ces noms étaient largement répandu dans les pays germaniques, notamment en Suisse et surtout en Allemagne, au cours du Moyen-Age.
La famille Emig de Mittelwihr est originaire de Lüterswil qui reste son Burgerort. C'est Johannes Emmich, l'ancêtre de la lignée des Emig de Mittelwihr. De religion réformée; il est né à Lüterswil le 7 mai 1673 et a émigré en Alsace probablement dans les années 1690. Son nom apparaît pour la première fois dans les registres paroissiaux protestants à Mittelwihr lors de son mariage le 21 juin 1701. Son père se nommait Urs Emch, il a vécu et est mort à Lüterswil. Selon les originaux des actes à Mittelwihr, le nom a evolué rapidement de Emmich à Emich à Emig.
C'est en 1391, que ce village bernois, de langue alémanique aujourd'hui encore (Schwyzerdütsch), intègre Solothurn avec la seigneurie de Buchegg. Bien que la Réforme, dans ses débuts, ait trouvé de nombreux adhérents dans les campagnes, le canton de Solothurn demeure finalement fidèle à la foi catholique. Néanmoins, les villages du Bucheggberg autour de Lüterswil, enclavés dans le canton de Berne protestant (zwiglianiste), reste largement protestante - Berne y détenait les droits de justice et ils sont rattachées à des paroisses bernoises.


Friedrich

Friedrich vient du mot du "althochdeutsch" fridu (Frieden -paix en français) et rîhhi (mächtig -puissant, fier en français- ou Fürst -prince en français) - en latin pacis plenus = Friedreich ou pacificus = Friedereich. C'est un nom originaire du prénom Friedrich qui possède diverses variantes.


Hauser - Hausser - Hüser - Hüsser

Le nom allemand Hauser peut avoir plusieurs variants en écriture au sein d'une même famille (voir aussi Grimm & Grimm, 1854-1961) :

  • Hauser, m. : 1) der in einem Hause wohnt, Mietsmann, Zinsmann; 2) Haushälter, Wirtschaftsführer; 3) Beherberger: wann nun ein Feder (Befehder) zu kreisz gebracht wird, soll er umb seine Gesellschaft, Hauser, Höfer, Beförderer befraget werden.

Il est aussi écrit Hausser dans les actes en français pour la prononciation du s.

En parler alsacien et en "Schwitzerditch" (allemand suisse), Hauser se dit aussi Hüser ou Hüsser et l'écriture est phonétique. Outre la même signification que celle donnée ci-dessus, il en existe d'autres à voir ci-contre dans le "Das Schweizerische Idiotikon digital". dans les actes en français, le umlaut sur le u est souvent ignoré ! Il n'est pas rare que l'une ou l'autre de ces variantes linguistiques puisse s'observer au sein d'une même famille ; en revanche d'autres familles gardent toujours la même écriture. Un tel usage peut parfois dérouté un généalogiste non alsacien parlant. On trouve, comme autre exemple, le nom de famille Preiss = Priss.


Höchstetter

Le nom allemand Höchstetter (ou Hoechstetter) indique une origine d'un lieu pouvant être Höchstett/Hochstett/Hoschstatt ou Höchstädt/Hochstadt. Il y a plusieurs possibilités selon la localisation géographique du lieu, parmi elles :

  • en Alsace : Hochstett près Brumath dans le Bas-Rhin; Hochstatt près de Mulhouse (Haut-Rhin) et Hochstadt près d'Altkirch (Haut-Rhin) ;
  • en Allemagne : Höchstett ou Höchstädt an der Donau (Bavière), Höchstadt an der Aisch près de Nuremberg (Bavière), Hochstadt près de Landau in der Pflaz (Rhénanie Palatinat), Hoschstadt am Main (Bavière).

Kessel

Le nom allemand Kessel peut avoir plusieurs origines :

  • un nom originaire d'une famille noble de Thuringe (= Thüringen), ainsi que des nobles originaires du comté Kessel.
  • un nom de métier du mot kezzel (en Mittelhochdeutsch-moyen haut allemand) ou Chessel, Kässel, Kessel (en alémanique-alsacien) : en allemand Kessel = chaudière, chaudron) pour le chaudronnier
  • un nom du domicile d'un habitant d'un Kessel = cuvette ou cirque en terme géologique français, ou d'un autre lieu géographique (village, ferme, site, rivière...)

Notre ancêtre Daniel Kessel est né vers 1570 à Obereisenbach (district de Kussel en Rhénanie-Palatinat). Son nom vient très probablement de la riviére Kesselbach qui traverse ce hameau comprenant à l'époque 2 à 4 familles. Avec épouse et enfant, il s'installera au début du XVIIe siècle en Alsace. Pour en savoir plus....


Öhlert > Oehlert

Le nom allemand Öhlert ou Oehlert serait un diminutif du nom Odalhard qui possède de nombreuses variantes dont le prénom Ulrich - voir fac-similés de dictionnaires ci-contre >

Otto Heinrich Öhlert est arrivé vers 1720 à Riquewihr depuis Memel en Prusse orientale (aujourd'hui Klaip?da en Lituanie). En Alsace, ce nom de famille s'écrivait avec l'Umlaut sur le Ö dans les registres de naissance paroissiaux et de l'État-Civil écrits en allemand. Avec le passage au français des registres d'État-Civil vers 1800, le Ö a été remplacé par Oe pour s'écrire définitivement Oehlert.
... Sauf pour les descendants installés à Laval (Mayenne), où ce nom de famille s'est écrit avec la ligature latine pour devenir Œhlert dans l'acte de mariage de Johann Daniel le 19 avril 1797 [30 germinal an V] que lui et son frère Henri (témoin) ont pourtant signé Oehlert ! Les actes de naissance, seuls justificatifs pour le nom de famille, y sont depuis écrits avec la ligature, donc Œhlert. Rappelons cette ligature n'existe pas dans la langue allemande.


Preiss - Priss

Le nom allemand Preis ou Preiss est issu du nom en allemand moyen Pris ou Priss (vom Mittelhochdeutsch) qui qualifie une personne ayant un caractère louable et « digne d'éloges » (voir aussi Grimm & Grimm, 1854-1961).
En alsacien : Preiss se prononce Priss et phonétiquement ainsi s'écrit : il s'agit donc simplement d'un variant local du nom Preiss, l'un ou l'autre s'utilise dans des actes selon la personne chargée de l'Etat-civil.


Schürch

Le lieu d'origine est Sumiswald (Emmental, Canton de Berne, Suisse) qui est le Bürgerort pour notre famille. Les premières apparitions du nom Schürch remontent au Moyen-ge en relation avec la seigneurie de Grünenberg, qui était la plus puissante du "Oberaargau" (Haute-Argovie). Deux frères, serfs du seigneur géraient la ferme nommée Schürchtann dont le domaine était ue des plus grand du canton. La famille est protestante réformée (zwinglianiste) avec des branches de Täufer (anabaptistes). Et plus....

En Suisse alémanique, environ 20 familles Schürch distinctes ont été recensées : elles possèdent toutes leur Bürgerort et leurs propres armoiries. A ce jour, plus du 80% des familles suisses possèdent des armoiries, dûment répertoriées dans les nombreux armoriaux cantonaux ou corporatifs.

En Alsace dans le Sundgau, une branche Schürch de Sumiswald (donc de notre famille) est connue : Valentin Schürch a émigré de Sumiswald à Eschentzwiller (68) où il s'est marié en 1675 à une catholique venue du canton de Luzern Elisabeth Kreyenbil. Après deux-trois générations, le nom se changea en Schirger et en Schircker selon les branches descendantes, jusqu'à nos jours. Et plus....
Dans le Ried bas-rhinois, Johannes Schürch, fils de Hanß Schürch et de Margerethe Zuber, né à Bätterkinden, se marie à Muttersholtz (67) en 1712 avec Veronica Stahl de Muttersholtz. Là encore après trois générations, le nom se changea en Schirck. Sans aucune parenté à l'origine, certains descendants sont apparentés avec mes branches Baltzinger.

Les patronymes alsaciens Schirch, Schirck, Schirk, Schurck sont-ils des vartiantes de Schürch? Rien n'est moins sûr, au moins en Alsace. En effet, Schirch ou Schurck peut avoir pour racine "schirge", signifiant en alsacien pousser ou glisser. La personne ainsi désignée aurait pu avoir un fort caractère d'opposition. Schirch est aussi une forme allemande du nom de baptême Georg, sans doute influencée par le slave. On trouve également, avec le même sens, les patronymes Schirach, Schira(k), Schiro(k), Schirck, Schirk. Le nom Schirck se rencontre aussi dans le Bade-Wurtemberg : début des années 1800 une famille Schirck venue de Ettenheim pour s'installer à Didenheim, à côté de Mulhouse.

Les nombreuses variantes du nom Schürch en Amérique, surtout dans les familles anabaptistes, ont été analysées - voir.... Ces variantes se retrouvent aussi partiellement chez les anabaptistes alsaciens : voir....


Sturm

Le nom allemand Sturm est issu d'un nom du vieil allemand Sturmi, ou encore Störmer=Stürmer (ou Stirmer), c'est-à-dire un soldat. Il se retrouve dans de nombreux pays européens et aussi sous Storm dans les pays anglo-saxons. Sa signification n'est donc pas forcément à mettre en relation directe avec Sturm = tempête, voire tempétueux, mais avec soldatesque !
La flèche dans les armoiries de ma famille Sturm confirme bien leur représentation militaire.

Notre ancêtre Jacob Sturm est arrivé de Heidelberg, ancienne capitale du Palatinat, avant la Guerre de Trente-Ans. Il s'installe à Ribeauvillé et se marie avec Marguerite Heid, née à Ribeauvillé. Il est serviteur chez les seigneurs zu Rappolstein (= de Ribeaupierre) à Ribeauvillé.


Vix / Veith/ Fix

Les noms Vix, Veith, Fix ont pour origine le prénom germanique Withold ou Wido, dérivé du « Althochdeutsch » (vieux haut Allemand) Wit (ou Wid ou Widu) signifiant forêt. D'autres variantes allemandes, parfois latinisées, sont Gui, Guido, Wido, Vitus... Ce prénom est devenu en langue romane (dont le français) Guido, Guion, Guiot, Guy...
Nota : ces noms sont parfois considérés par erreur (et méconnaissance de l'allemand) comme un diminutif de Friedrich (= Frédéric).


Walch / Wahl

Le Walh ou Walah du vieux haut allemand (Althochdeutsch) devient Walch ou Wahl en moyen haut allemand et sa forme adjective walesc ou wal(a)hisc devient wälhisch et wel(hi)sch en moyen haut allemand. Aujourd’hui encore en allemand moderne, l’adjectif welsch et le substantif die Welschen sont utilisés pour parler des locuteurs de langue romane. Il est important de noter que ces mots ont une portée linguistique et non ethnique ou géographique et il est considéré à tort comme signifiant « étranger ».
En Alsace, les minorités romanes notamment de la Haute-Bruche, d'Orbey et Labaroche ou du haut du val de Villé étaient désignées (et se nommaient elles-mêmes) par le même terme Welsch (Welche) Ce terme s'utilise encore abondamment en français "welche" ou en alsacien "Walsch/Welsch" pour désigner la langue romane de ces populations, ces populations elles-mêmes ou encore, souvent avec une nuance péjorative, pour désigner l'ensemble des francophones extérieurs à la région.

Dans nos familles protestantes alsaciennes, les patronymes Walch et Wahl sont présents - en ne citant que les premières signalisations :

  • Walch à Colmar (depuis le début de XVIIe siècle), à Andolsheim,  Algolsheim, Jebsheim, Kunheim, Vogelsheim (depuis la fin du XVIIe siècle).
  • Wahl à Rittershoffen (depuis le début de XVIIe siècle), Roppenheim, (depuis la fin du XVIIe siècle).

Les mots anglo-saxons walsh ou weahl ou wales ont la même origine et indiquent généralement en patronyme celui, celte, qui vient du pays de Galles (Wales). Walsh est devenu un patronyme courant en Irlande, souvent prononcé « welsch ».
C’est ainsi qu’au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle, un Walch André d’Algolsheim, fils des cultivateurs Walch André x Baltzinger Salomé, qui fut valet de chambre à Versailles probablement chez une Walsh, de petite noblesse et d’origine irlandaise, en vint à la considérer comme une parente, de Walch à Walsh, et à s’inventer une ascendance irlandaise et un blason ;  on y trouverait même un armateur négrier nantais Antoine Walsh ! Des recherches généalogiques récentes n’ont pu corroborer des liens avec la généalogie des Walsh  .

L’origine du nom Walch dans le Ried colmarien est plus à rechercher au sein de la zone welche de Labaroche-Orbey à une vingtaine de km de Colmar dans les Vosges.


Wickersheim

La famille protestante Wickersheim dans le Ried et vignoble colmarien (Haut-Rhin) est venue au XVIIIe siècle de Malterdingen (D-79364, Baden Württemberg), situé en face sur la rive est du Rhin près de Freiburg im Brisgau. L'arrivée de Hans Jacob Wickersheim à Beblenheim vers les années 1710 peut avoir plusieurs motifs historiques, notamment : - dans le cadre du repeuplement de l'Alsace après la guerre de Cent-Ans ; - un départ lié à l'occupation des troupes française, en 1713-1714, en conflit contre les Habsbourg Hans Jacob (1688-1752) se marie avec Maria Magdalena Hussler (1696-1765), de Beblenheim où il décède Un de leurs fils, Johann Jacob (Sosa 146) s'intalle à Ostheim.
Wicker en allemand est un devin, voyant,  diseur de bonne aventure - synonyme Weissager, Wahrsager. Le s de Wickers marque le génétif en allemand. Heim signifie le domicile, maison, village. Cela pourrait donc être, à l'origine, quelqu'un qui habite le lieu, la maison du devin. D'autres explications pourraient aussi être aussi possibles avec le mot Wicke qui a plusieurs sens. À noter que Wickersheim se prononce en alsacien colmarien: Wekersa.

Nous sommes loin de l'explication donnée sur Geneanet à savoir : Wickersheim - Le nom est porté en Alsace, où on le rencontre dès le XVIe siècle à Boersch, dans le Bas-Rhin. Il désigne dans ce cas celui qui est originaire de Wickersheim, commune du même département (Wickersheim-Wilshausen). Sens du toponyme : la ferme, le hameau de Wicker. A noter que ce bourg est dans le Nord du Bas-Rhin. D'autres familles avec le même patronyme existent en Sarre, en Alsace bossue, et près de Stasbourg, à Mutzig, une famille juive - extrait daté de 1790, à lire dans Revue des Études juives (1910) :
" Il est enjoint à Salomon, syndic des Juifs pour le comté de Hanau, à Marx Béer, de Strasbourg, et à Samuel Wickersheim, de Mutzig, d'indiquer à Meyer Bloch et Hirtzel Schwartz, Juifs de Westhotfen, les véritables préposés de la nation juive en vue d'une demande en décharge d'impositions. "


Wohlhüter

L'origine du patronyme Wohlhüter ("Wohlhueter") se trouve dans l'actuel Sud du Bade-Wurtemberg et dans les zones limitrophes de la Suisse alémanique . Sa signification est en allemand : wohl = bien, agréable, bien-portant, et Hüter = garde, gardien. Le nom de Wohlhüter est peu porté en France (environ 265 personnes) : il est pratiquement restreint à la seule Alsace où il vient en 446e position.
Et plus...

Estimer l'importance du nom (allemand) Wohlhüter parmi les patronymes français et en tirer des conclusions quant à la rareté de ce nom en France ! n'a, en toute évidence, que peu d'intérêt en matière d'onomastique. En effet, c'est en Alsace et dans le Sud du Bade-Wurtemberg qu'il faut rechercher les origines et la distribution des familles portant ce patronyme ; elles y sont connues depuis le début du XVIe siècle en Allemagne dans la région d'Ulm et en Suisse dans des régions limitrophes avec l'Allemagne, ce qui pourrait laisser suggérer des liens de parenté. Diverses familles Wohlhüter ont des branches aux USA souvent sans parenté entre elles.

En Alsace, la généalogie de trois familles Wohlhüter ont été étudiées. Les ancêtres connus sont respectivement :

  • Wohlhüter Anton : originaire de Biberach (royaume de Bade) - famille protestante. Ancêtre direct par ma mère Cornelia Wohlhüter - voir
  • Wohlhüter Johann Friedrich : né vers 1770 à St. Gallen (canton de St. Gallen, Suisse) - famille protestante ; son fils s'est marié en secondes noces à Strasbourg avec Barbaras Margaretha Dorothea en 1800 : nous avons 21 ancêtres en commun avec cette dernière dont la famille est originaire d'Ostheim (68) - voir .
    L'origine de ces deux premières familles pourrait être commune.
  • Wohlhüter Martin : né vers 1700 à Dachstein-Ergersheim (67) - famille catholique ; le nom est parfois écrit Wohlhieder dans les actes mais la signature est Wohlhüter. Aucune parenté.

Nota : Tenter de trouver des explications sur ce nom en imaginant des significations sans l'Umlaut sur le u, par ex. Hut (= chapeau) mène à un faux-frère, car la garde n.f. se dit Hut en allemand et le gardien Hüter ! Ou encore évoquer Haut = peau par la prononciation alsacienne, c'est simplement ne pas savoir que la prononciation varie grandement du Sud au Nord et aussi ne pas connaître celle du suisse alémanique.


Références

Denis M.-N. (1977). Noms et prénoms en Alsace au XVIIIe et au XIXe siècles d'après l'observation d'un certain nombre de registres paroissiaux. Annales de démographie historique, 1977, 343-353.   PDF

Emig C. C. (2014). Les ascendances du célèbre sculpteur Colmarien Auguste Bartholdi. Nouveaux eCrits scientifiques, NeCs_01-2014, p. 1-44.   PDF

Emig C. C. (2015). De la généalogie protestante en Alsace... quelques remarques et conseils. Nouveaux eCrits scientifiques, NeCs_01-2015, p. 1-8.   PDF

Emig C. C. (2017). Des règles, lois et coutumes françaises, suisses et allemandes à appliquer en généalogie. Nouveaux eCrits scientifiques, NeCs_01-2017, p. 1-13.   PDF

Fick A. (1875). Die Göttinger Familiennamen. Schöning, Göttingen, p. 51.

Hanks P. (2003). Dictionary of American Family Names. Vol. 3. Oxford University Press, p. 6 [2128 p.]

Grimm J. & W. Grimm (1854-1961). Deutsches Wörterbuch. 19. Jahrhundert. http://woerterbuchnetz.de/DWB/ - Source Leipzig, 1971: version en ligne 2017

Schweizerisches Idiotikon digital, Band I & II (1744)



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